L’UFC-Que Choisir contre la pub chez les médecins

Dans son dernier numéro, l'UFC-Que Choisir assure que 53 % des prospectus disposés dans les salles d'attente des médecins généralistes sont de la publicité. L'association souhaiterait l'interdiction de ces brochures à caractère commerciale.

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53 % des prospectus disposés dans les salles d'attente des médecins seraient de la publicité. ©ThinkStock

Produits pour les mains, liquide vaisselle, eau minérale… La plupart des dépliants disposés dans les salles d’attente des médecins sont en réalité de la publicité. Un fait contre lequel veut lutter l’association de consommateurs UFC-Que Choisir, qui nous fait part de son mécontentement dans son numéro de janvier.

De la pub déguisée dans les salles d’attente

D’après le magazine, 53 % des documents mis à dispositions dans les salles d’attente des médecins sont distribués par des entreprises à but lucratif, comme les laboratoires pharmaceutiques ou les industries alimentaires. La moitié des autres prospectus seraient quant à eux édités par des organismes publics, des associations ou des collectivités locales.

Pour arriver à de tels chiffres, les membres de l’association ont ramassé les dépliants de 672 cabinets de médecins généralistes, du 13 mai au 13 juillet 2013. Au total, les volontaires ont récolté 3 411 prospectus. Après un comptage méticuleux, l’UFC-Que Choisir a constaté qu’un quart des papiers faisaient de la publicité directe (pour des audioprothèses, margarines, eaux minérales, produits d’entretien, service d’aide à domicile, contact d’un sophrologue ou d’un conseiller conjugal). Les autres promotions, quant à elles, sont masquées, notamment par les laboratoires qui n’ont pas le droit de faire la publicité de médicaments remboursables. L’association estime que « seuls 29% des documents commerciaux affichent ouvertement leur vocation publicitaire, quand 71% d’entre eux la masquent derrière une apparente mission d’information (par exemple sur le cholestérol pour une marque de margarine, ou sur la déficience auditive pour un distributeur d’audioprothèses) ».

Pas de brochures dans 4 cabinets sur 10

« C’est pourtant au médecin qu’il incombe de veiller à la qualité des informations diffusées dans sa salle d’attente, note-t-elle. Certains semblent avoir résolu le problème en refusant tout : dans quatre cabinets sur dix, il n’y avait pas de brochures ». Pour que l’idée se généralise, l’UFC-Que Choisir demande à la ministre de la Santé, Marisol Touraine, d’interdire tous les prospectus commerciaux dans les salles d’attente des médecins.

Mathilde Bourge