Manifestation des agriculteurs : que veulent-ils ?

Un millier de tracteurs sont attendus ce jeudi 3 septembre à Paris. Les agriculteurs se réunissent pour manifester leur colère et faire pression sur l’Exécutif afin que celui-ci accède à leurs revendications.

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Manifestation des agriculteurs : que veulent-ils ? ©Gile Michel/SIPA

Les exploitants agricoles sont à bout et le font savoir. Presque deux ans après leur première intrusion dans les rues de la capitale, « les paysans remontent à Paris », comme l’annonce la FNSEA, le premier syndicat agricole.

Après une série de crises qui ont touché tour à tour les productions laitières, bovines et porcines, la FNSEA, en association avec le syndicat des Jeunes agriculteurs (JA), a appelé les paysans à crier leur désarroi à Paris « pour éviter que l’agriculture ne parte en liquidation ». Entre l’embargo russe sur les produits agroalimentaires, la fin des quotas laitiers en Europe ou encore le ralentissement économique de la Chine qui réduit ses achats, le contexte mondial est extrêmement défavorable aux producteurs français.

Ce jeudi 3 septembre, pas moins de 1500 tracteurs et 4 500 agriculteurs sont attendus dont une bonne part acheminée par les céréaliers et les betteraviers jusqu’alors épargnés par la crise mais dont les revenus plongent à leur tour avec le marché mondial. Les producteurs de colza, les arboriculteurs, les producteurs de légumes viennent aussi s’associer à la manifestation.

Moins de charges

Parmi leurs principales revendications, les agriculteurs réclament, une fois de plus, au gouvernement moins de normes environnementales, moins de contrôles et plus d’allègements fiscaux. La FNSEA estime que les agriculteurs français font face à un « niveau de charges et de contraintes » plus lourd que leurs homologues étrangers et plus particulièrement l’Allemagne et l’Espagne.

Un moratoire d’un an sur les normes est demandé afin de faire un « pause » dans les contraintes qui pèsent sur eux.

Plus d’aides financières

Après des actions menées par les agriculteurs, le président de la République François Hollande avait annoncé, le 22 juillet dernier, une aide de 600 millions d’euros. Sur ce montant, 100 millions d’euros correspondent à des annulations de charges et de cotisations. Les 500 millions ont pour objectif de donner de l’oxygène aux professionnels les plus en difficulté. Une aide qui leur permettent de reporter le paiement des impôts, de la TVA ou sur d’autres taxes. Ce plan d’urgence a cependant été jugé insuffisant par la filière qui table plutôt sur une aide nécessaire de trois milliards d’euros pour réduire les écarts de compétitivité entre la France et l’Allemagne.

Xavieur Beulin, le président de la FNSEA, appelle aussi le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll à revaloriser le prix du lait au niveau européen à 2,60 euros le litre en poudre contre 2,20 euros pour désengorger le marché.

Un rendez-vous est prévu ce jeudi 3 septembre après-midi entre la FNSEA et le Premier ministre Manuel Valls.

Lire aussi : Pourquoi les agriculteurs sont-ils en colère ? 

Marine Vautrin