Manque de peupliers : bye bye la boîte à camembert ?

La France risque d'être confrontée à une pénurie de peupliers et donc... de boîte à camembert. L'arbre est en effet utilisé pour fabriquer l'emballage du célèbre fromage ainsi que des cagettes de fruits et autres claies d'horticulteurs.

0
36952
une soixantaine d'industriels français et espagnols de la filière ont signé le 25 avril une charte pour inciter au reboisement des peupliers. ©ShutterStock

Sauvons la boîte à camembert ! L’emballage est en passe de disparaître. Le peuplier, utilisé pour sa conception, pourrait prochainement se raréfier. Le non-renouvellement des plantations inquiètent les professionnels car le bois du peuplier est non seulement utilisé pour fabriquer la boîte du fameux fromage mais aussi pour concevoir les bourriches d’huîtres, les cagettes de fruits et les autres claies d’horticulteurs. Remplacer le matériau, écologique et peu coûteux, par du plastique pénaliserait les producteurs.

Peupliers : une pénurie en 2020

« Avec 650 000 plants par an, nous risquons la pénurie en 2020, assure au Figaro Éric Vandromme, président du Conseil national du peuplier (CNP). Seule la moitié des besoins de l’industrie seront couverts. Nous serons obligés d’importer des peupliers, alors que nous en exportons, notamment en Italie, qui a délaissé ses plantations. »

La hausse des coûts liée à diverses intempéries ainsi que le développement du carton et du plastique a poussé les propriétaires de terrains à délaisser le peuplier. Selon les spécialistes, la filière est pourtant en constante progression. « Les nouveaux plans fournissent des arbres plus résistants aux maladies, plus productifs et aux meilleurs qualités mécaniques, ouvrant de nouveaux marchés comme la charpente », affirme Éric Paillassa, responsable recherche et développement du CNP (Sciences et avenir).

Une charte pour inciter au reboisement des peupliers

Déterminés, une soixantaine d’industriels français et espagnols de la filière ont signé le 25 avril une charte (« Merci le peuplier ») pour inciter au reboisement des peupliers. Ils invitent les propriétaires à signer une convention lorsqu’ils achètent le bois. Le propriétaire s’engage à reboiser et quand la replantation est effectuée, l’acheteur devra lui verser 2,50 euros par tige replantée, soit 500 euros par hectare.

Sur le même thème :

Lire aussi : Observez la déforestation sur une carte interactive

Lire aussi : Vers une pénurie du chocolat

Damien Rigat