« Marre du rose » : une campagne contre les jouets stéréotypés

À l'approche de Noël, des associations féministes ont décidé de taper du poing contre les jouets stéréotypés en lançant une campagne de sensibilisation intitulée « Marre du rose ».

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« Marre du rose » : un campagne contre les jouets stéréotypés ©ShutterStock

Les Barbie pour les filles et les Playmobil pour les garçons, ces idées reçues ont encore la vie dure. En pleine période des achats de Noël, les associations « Osez le féminisme » et « Chiennes de garde » lancent une campagne de sensibilisation aux stéréotypes sexistes véhiculés par les jouets, baptisée « Marre du rose ». Ce samedi 5 décembre, des militantes distribueront des tracts devant les grands magasins de jouets, à Paris et dans plusieurs villes de France, pour dénoncer les clichés qui consistent à attribuer le rose aux filles et le bleu aux garçons. 

« Une véritable régression »

« Le message véhiculé par ces jouets roses est clair : la fillette apprend à être belle pour séduire son prince charmant qui viendra la sauver. Son rêve : se marier et s’occuper des enfants et du ménage », déplorent les deux associations sur le site de leur campagne. Et d’ajouter : « Au « rayon garçon », par contre, les magasins nous proposent de multiples répliques d’armes, et des super-héros valorisant force et domination. Et grâce aux jeux de construction, les jeux scientifiques, les voitures, les fusées, les garçons peuvent s’imaginer architecte, aventurier, chimiste ou astronaute. »

Osez le féminisme et Chiennes de garde regrettent l’époque où les jouets « en 1980 étaient unisexes, ni roses, ni bleus, et se passaient de frères et sœurs, nous assistons aujourd’hui à une véritable régression ».

« Halte aux stéréotypes dans vos rayons ! »

Les deux associations invitent le grand public à interpeller l’industrie du jouet, en envoyant sur les réseaux sociaux des grandes enseignes de distribution et des fabricants le message suivant : « Halte aux stéréotypes dans vos rayons ! ». L’objectif : l’abandon pur et simple des rayons séparés filles/garçons et de « toute référence au sexe de l’enfant à qui le jouet est destiné, en particulier tout code-couleur rose/bleu. Et tant que parents, par nos achats de Noël, nous pouvons refuser cette ségrégation, et ouvrir les possibles à nos enfants. »

Pour Chiennes de garde et Osez le féminisme, le marketing du jouet sexué est une manière d’inciter les parents à dépenser plus. « Pour doubler son chiffre d’affaires, l’industrie du jouet décline des jeux en rose et en bleu enfermant filles et garçons dans des rôles totalement périmés ».

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Marine Vautrin