Ménopause : la faute aux hommes attirés par les jeunes femmes ?

Selon des généticiens canadiens, la ménopause tirerait son origine dans le comportement des hommes. En délaissant les « vieilles » pour les jeunettes, ils auraient rendu inutile la fertilité des femmes les plus âgées. Une théorie critiquée.

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D’après l’équipe menée par le Pr Rama Singh, la ménopause serait un mécanisme d’adaptation. Comme l’homme se détourne des femmes d’un certain âge, ces dernières n’auraient plus de raison de procréer. ©ThinkStock

Pourquoi les femmes ne sont-elles plus fertiles passé un certain âge ? Pourquoi la femelle humaine est-elle touchée par la ménopause alors que d’autres espèces ne connaissent pas le phénomène ? Des généticiens de l’université McMaster au Canada se sont penchés sur le sujet. Ces spécialistes de l’évolution pensent que la fertilité des femmes est devenu inutile au-delà d’un certain âge en raison des hommes, qui préfèrent s’accoupler avec des jeunettes et délaissent petit à petit les femmes « défraîchies ». Les résultats de leur étude ont été publiés dans la revue PLOS Computational Biology, et repris par la BBC le 14 juin.

Ménopause : la fertilité serait « inutile » au-delà d’un certain âge

D’après l’équipe menée par le Pr Rama Singh, la ménopause serait un mécanisme d’adaptation. Comme l’homme se détourne des femmes d’un certain âge, ces dernières n’auraient plus de raison de procréer. Le Pr Singh avance que l’âge de la ménopause pourrait progressivement reculer en raison de divers facteurs, tels que l’accroissement de la longévité et le recul de l’âge moyen auquel une femme accouche de son premier enfant.

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La ménopause selon le Pr Singh : une théorie critiquée

Cette hypothèse ne fait pas l’unanimité. Selon le Dr Maxwell Burton-Chellew, biologiste au département de zoologie de l’université d’Oxford (États-Unis), le rapport de causalité serait inversé. Pour lui, les hommes seraient attirés par les jeunettes parce que les femmes deviennent de moins en moins fertiles au fil des années. « Je pense que cela fait davantage sens qu’il s’agisse d’une réaction évoluée à la ménopause », explique l’expert (20 Minutes). Pour lui, « nos ancêtres mâles ont été sages de s’accoupler avec des femelles qui pouvaient produire une descendance ».

Quant « aux femelles âgées », il estime qu’elles étaient confrontées à un « choix intéressant » : « [avoir] un enfant qui n’aura peut-être pas atteint l’âge adulte avant [leur] mort ou [arrêter] de [se] reproduire et [aider leurs] jeunes proches à se reproduire. »

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Damien Rigat