Neknomination : une association porte plainte

L'Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA) vient de porter plainte contre X pour que cesse la diffusion de vidéos « Neknomination », ce jeu d'alcool qui cartonne depuis plusieurs mois sur Facebook.

0
3911
L'association décrit les réseaux sociaux comme « un outil de prosélytisme et de diffusion de pratiques dans le champ des conduites addictives ». - crédit photo : Purestock ©ThinkStock

En février, un Britannique de dix ans a dû être hospitalisé après avoir ingurgité un mélange de vodka, de mayonnaise et de diverses sauces. Il venait de jouer à la Neknomination, un jeu qui consiste à poster sur Facebook une vidéo de soi en train de boire cul-sec un verre d’alcool, puis d’inviter trois amis à faire de même. Le divertissement aurait déjà causé la mort de cinq personnes. Inquiète, l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA) a adressé le 17 mars une plainte contre X au procureur de Paris. Objectif : stopper le développement du jeu et interdire la diffusion des vidéos sur internet.

Neknomination : « une mise en danger de la vie d’autrui »

« Un constat d’huissier à l’appui de la plainte a été réalisé sur des sites relayant ces vidéos », explique l’ANPAA. Plusieurs infractions sont mises en avant par l’association. Parmi elle, « le fait de provoquer directement un mineur à la consommation habituelle et excessive de boissons alcooliques » (article 227-19 du Code pénal), puni de deux ans de prison et de 45 000 euros d’amende. L’ANPAA cite également la « mise en danger de la vie d’autrui », visée aux articles 121-3 et 223-1 du Code pénal.

Le plaignant décrit les réseaux sociaux comme « un outil de prosélytisme et de diffusion de pratiques dans le champ des conduites addictives ». L’association estime qu’il est grand temps d’agir. « L’attractivité particulièrement marquée de ces réseaux sociaux pour les jeunes, les facteurs sociétaux et ceux propres à cet âge favorisant l’expérimentation des consommations et des pratiques à risques se conjuguent pour créer une situation particulièrement dangereuse qu’il est nécessaire de prévenir. »

Sur le même thème :

Lire aussi : Marques d’alcool – Twitter surveille les mineurs

Lire aussi : Plus d’un élève de CM2 sur deux a déjà bu de l’alcool

Damien Rigat