Obésité : les opérations bariatriques ont doublé en 5 ans

La France compte aujourd'hui 6,9 millions d'obèses adultes. Et lorsque ces personnes ne parviennent pas à perdre du poids naturellement, la chirurgie est systématiquement recommandée.

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En 2006, 15 000 patients souffrant d’obésité ont été opérés en chirurgie bariatrique. Cinq ans plus tard, ce chiffre a doublé. Selon une étude de l’Assurance-maladie, 30 000 personnes se sont fait réduire l’estomac ou poser un anneau gastrique en 2011, dont huit patients sur dix sont des femmes.

Une telle augmentation s’explique, logiquement, par l’accroissement du nombre d’obèses en France, qui représentent 15 % de la population adulte. Parmi ces 6,9 millions de personnes, 550 000 souffrent d’obésité dite morbide (indice de masse corporelle égal ou supérieur à 40). Et si ces patients n’arrivent pas à perdre du poids via des méthodes naturelles, la chirurgie est présentée comme l’ultime recours.

De plus en plus de réduction de l’estomac

L’augmentation des interventions s’accompagne de l’évolution des techniques chirurgicales. « La pose d’un anneau gastrique, technique de référence en 2006, n’est plus utilisée que dans 25 % des interventions », constate Hubert Allemand, médecin conseil national. Dans 75 % des cas restants, les chirurgiens pratiquent la « sleeve gastronomie », une opération irréversible qui consiste à réduire l’estomac, ou encore la technique du « by-pass », soit une dérivation de l’intestin. Des méthodes radicales qui permettent aux obèses de perdre jusqu’à 150 kilos en l’espace de quatre mois.

Si ces interventions s’avèrent plus efficaces, elles permettent également de réduire le diabète ou l’hypertension, faisant gagner près de dix ans d’espérance de vie aux personnes opérées. Cependant, les patients sont plus nombreux à souffrir de complications post-opératoires ou de carences nutritionnelles. En réaction à ces désagréments, l’Assurance-maladie souhaite une hiérarchisation des traitements : « Il est préférable de commencer par l’anneau gastrique, qui est réversible, avant de se diriger vers les autres techniques » indique Hubert Allemand. Selon l’étude du collectif, 30 % des femmes et 20 % des hommes opérés n’avaient pas besoin de l’être.

Mathilde Bourge