PETA : handicapés mentaux – animaux, même combat

Croyant bien faire, sur son site la PETA, association qui milite pour la défense des bêtes, compare les droits des animaux à ceux des handicapés mentaux. Malaise.

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Très vite l’ONG a supprimé ce passage et Isabelle Goetz, porte-parole, a expliqué être « navrée de cette erreur d’interprétation » ©ShutterStock

La PETA (Pour une Éthique dans le Traitement des Animaux) est connue pour sa communication, pour le moins, « provocatrice ». Il y a de ça quelques mois, l’association qui milite pour la défense des animaux présentait une affiche représentant une femme nue qui disait « Tous les animaux sont faits des mêmes morceaux ». Choquant pour certains, mais acceptable dans l’ensemble. Sauf qu’aujourd’hui, la PETA va plus loin, trop loin peut-être.

La PETA parle d’une « formulation maladroite »

La PETA a publié sur son site, dans la rubrique FAQ (Foire Aux Questions), une réponse qui a suscité de vives réactions, et de nombreuses indignations. Ainsi, à la question « Les animaux ne sont pas capables de raisonner. Ils n’ont pas la notion de droit et n’ont souvent que faire des nôtres. Dès lors, pourquoi s’évertuer à leur appliquer notre conception de la morale » ?, elle répond : « un animal est sans doute incapable de comprendre et de respecter nos règles, mais cela est aussi vrai pour un enfant ou un handicapé mental ». Voilà qui est dit, pour la PETA, les handicapés mentaux et les animaux, c’est le même combat.

Plus loin sur le site, pour une autre question, on peut également lire. « Chaque animal devrait avoir des droits indépendants de l’intérêt qu’il peut présenter […] de la même façon, un handicapé mental a des droits, même s’il n’est pas mignon ou si personne ne l’aime ».

Ces « formulations » seraient en ligne depuis la création du site en 2007, mais sont passées inaperçues, jusqu’à ce que le blog Wheelcome relève la comparaison et le fasse remarquer dans un tweet : « Chère PETA, c’est très généreux de votre part, mais avez-vous pété un plomb » ? Et Wheelcome n’est pas le seul à s’indigner de ce parallèle plus que douteux. Sur Twitter on peut ainsi voir que les réactions sont très vives : « honteux », « consternant », « infect », etc.

PETA : des antécédents similaires

Très vite l’ONG a supprimé ce passage et Isabelle Goetz, porte-parole, a expliqué être « navrée de cette erreur d’interprétation », et regrettait « une formulation maladroite ». « Puisqu’il y a des personnes qui ne comprennent pas le sens de cette phrase, nous sommes obligés de revoir la formulation pour être sûr qu’il n’y aura plus de problème d’interprétation » indique encore Isabelle Goetz, qui assure que la « PETA combat toutes les formes de discrimination ».

Sauf que, ce n’est pas la première fois que la PETA se permet une telle sortie. En 2003, l’ONG comparait l’abattage du bétail à l’Holocauste de la Seconde Guerre mondiale. Dans une exposition intitulée « l’Holocauste dans votre assiette », à San Diego à Los Angeles, l’association mêlait des images de personnes déportées en camp de concentration avec des photos d’animaux destinés à l’abattage.

Laurie Ferrère