Plan anti-pollution à Paris : 40 millions d’automobilistes se rebiffe

Lutter contre la pollution : oui, mais à quel prix ? L’association 40 millions d’automobilistes a décidé de contrer la mairie de Paris jugeant discriminatoire et coûteuse la mesure de bannir les véhicules anciens dans Paris intra-muros. Une action en justice collective a été lancée aujourd’hui.

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Plan anti-pollution à Paris : 40 millions d'automobilistes se rebiffe ©ShutterStock

L’association 40 millions d’automobilistes a lancé ce mercredi 11 mai une action collective contre la mairie de Paris et son plan anti-pollution. Le but est de mobiliser un maximum de personnes pour peser en justice et d’obtenir une indemnisation du préjudice financier subi par les automobilistes franciliens. Anne Hidalgo, la maire de Paris, a pris des mesures pour interdire dès le 1er juillet la circulation des véhicules anciens dans la capitale, en semaine entre 8h et 20h. Ainsi, tous les modèles immatriculés avant 2001 pour les diesels et avant 1997 pour les essences seront privés d’accès au sein de la ville, avant de radier progressivement l’ensemble des véhicules polluants.

Une pétition pour « Stopper Anne Hidalgo »

40 millions d’automobilistes appelle les citoyens à envoyer une lettre anonyme à la maire de Paris, Anne Hidalgo, en lui demandant de stopper son projet. Ainsi, ceux visés par ce plan sont invités à se signaler en signant la pétition en ligne sur le site Remboursemabagnole. Le site expose les nombreux problèmes qui se posent pour l’automobiliste : « je ne pourrai pas vendre ma voiture car elle sera interdite à la circulation dans Paris et sa proche banlieue donc personne ne voudra l’acheter en région Ile-de-France ». S’il souhaite vendre son véhicule, il y aura peu d’acheteurs donc le véhicule connaîtra « une dépréciation de sa valeur ». Alors, si cette décision d’interdire les véhicules diesel et essence de circuler à Paris ne « permettra plus d’utiliser son véhicule actuel ni de le revendre », un remboursement est demandé.

Plus d’un milliard d’euros de préjudices

Plus de 870 000 propriétaires de voitures sont concernés par cette action, selon Pierre Chasseray, le délégué général de l’association 40 millions d’automobilistes. Pour Inovev, le cabinet d’experts automobiles, le nombre s’élèverait plutôt à 513 000. Quoiqu’il en soit, ces restrictions de circulation ont un coût. Et selon l’association, l’impact s’élèverait à plus d’un milliard d’euros !

C’est pour compenser ce préjudice financier que l’association annonce son action en justice contre la mairie de Paris, selon le Parisien. En effet, chaque véhicule subirait une dévaluation de 1250 euros en moyenne. Cette estimation est toutefois contestée par le président du syndicat des experts indépendants.

D’après les calculs du cabinet d’expertise BCA, les véhicules d’avant 1997, perdront 50% de leur valeur à la revente. « Pour ces petites voitures, qui servent essentiellement à réaliser des trajets domicile-travail et valent en moyenne 2000 à 2500 euros, les vendeurs ne pourront pas espérer en obtenir plus de 1000 euros », selon des informations dévoilées au quotidien.

D’autres véhicules concernés

Les deux roues motorisés immatriculés avant le 31 mai 2000 font également partie des véhicules concernés par l’interdiction entrant en vigueur au 1er juillet prochain, ainsi que les cars et poids lourds immatriculés avant 2001. En cas d’infraction, les propriétaires risquent une mise en fourrière du véhicule et une amende de 35 euros qui s’élèvera à 68 euros à partir du 1er janvier 2017.

Les interdictions s’étendront progressivement aux véhicules de classes 2, 3 et 4 étoiles (véhicules antérieurs à 2010). En 2020, ce seront tous les véhicules diesel datant d’avant 2011 qui seront concernés par cette interdiction de circulation dans Paris intra-muros. Or, « ces véhicules représentent à ce jour 85% des 6 millions de voitures particulières franciliennes », selon Pierre Chasseray.

En revanche, les véhicules de collection, dotés d’un document officiel, devraient échapper à la mesure qui prendra effet en juillet 2016. Dans les négociations avec la municipalité, les propriétaires de DS ou de Traction ont obtenu gain de cause.

Coup de pouce de l’État

« Si l’on veut rajeunir et assainir le parc qui a huit ans d’âge, on ne peut pas le faire que par la contrainte. L’Etat doit aider les ménages les plus modestes à changer de voiture en leur proposant des aides fiscales incitatives », explique l’expert indépendant Didier Laurent au Parisien.

La mairie de Paris propose en contrepartie au choix : un versement forfaitaire de 400 euros qui correspond par exemple à une prise en charge partielle d’un forfait annuel Navigo et d’un abonnement annuel au service Vélib’. Ou alors une subvention pour l’achat d’un vélo et de ses accessoires dans la limite de 400 euros.

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Roumaissa BENAHMED