Pluton : des plaines glacées remplies de mystères

La sonde New Horizons a envoyé à la Nasa plusieurs photos de Pluton. Les scientifiques ont ainsi pu découvrir de grandes plaines glacées, qui les intriguent. Ils attendent de recevoir toutes les données recueillies avant de tirer des conclusions.

0
1125
La plaine observée par la Nasa sur Pluton ne présente aucun impact d'astéroïde, surprenant quand on sait que la planète se situe dans une zone où passent logiquement de nombreux astéroïdes. ©ShutterStock

Comment expliquer l’existence d’une plaine glacée sans aucun impact d’astéroïde sur Pluton ? Pourquoi l’atmosphère de l’astre s’échappe-t-elle ? Autant de questions auxquelles vont tenter de répondre les chercheurs de la Nasa, qui reçoivent depuis la semaine dernière toute une série d’images de la planète naine. Ces clichés ont été transmis par la sonde New Horizons via une simple onde radio, alors même que Pluton se situe à plus de 4,7 milliards de kilomètres de la Terre. Depuis le 14 juillet, les photographies arrivent au fur et à mesure. Après avoir identifié de hautes montages, les experts ont porté leur attention sur de grandes plaines glacées. Un élément troublant, passionnant.

La surface de Pluton serait-elle encore en train d’être façonnée ?

Les scientifiques de l’agence spatiale américaine se sont précisément intéressés à une immense plaine située dans la région dite de « Tombaugh ». Ils l’ont baptisée Spoutnik, en référence au premier satellite envoyé dans l’espace par l’Union soviétique. Comme il n’y a a priori pas d’impacts de cratères récents, cela signifie que la surface telle qu’elle existe aujourd’hui date d’il y a moins de 100 millions d’années. « Elle est probablement toujours en train d’être façonnée par un processus géologique », analyse Jeffrey Moore, l’un des spécialistes travaillant sur la mission (AFP).

Cette découverte est très surprenante pour les astronomes. En effet, Pluton se trouve dans la ceinture de Kuiper, logiquement frappée de manière régulière par des astéroïdes. Les scientifiques pensaient donc repérer d’innombrables cratères d’impacts à la surface de la planète naine. Comment expliquer cette absence ? Difficile à dire pour l’instant.

Pourquoi l’atmosphère de Pluton s’échappe-t-elle à un rythme important ?

Les chercheurs ont également constaté que l’atmosphère de l’astre, principalement composée de nitrogène, s’échappait de la planète à un rythme soutenu « d’environ 500 tonnes par heure » en raison de sa faible gravité, indique Fran Bagenal, une scientifique de la mission. Quelle est la quantité exacte ? Comment expliquer en détail ce phénomène ? L’experte espère en savoir plus grâce aux prochaines informations que transmettra la sonde à l’équipe.

La sonde New Horizons pourrait apporter des réponses

Les données envoyées par New Horizons depuis mardi s’avèrent particulièrement riches. Le 15 juillet, des photos ont permis à la Nasa d’observer des hautes montages (environ 3 500 mètres d’altitude). L’ensemble des informations recueillies par la sonde lors de son survol de Pluton la semaine dernière devrait être transmis à l’agence spatiale américaine dans les seize mois à venir.

Lorsqu’elle était au plus près de la planète, New Horizons se trouvait à 12 400 kilomètres d’elle. Aujourd’hui, elle est à environ 3,5 millions de kilomètres de son objet d’étude. Pour l’instant, seule une infime partie des données collectées a été reçue (2 %).

« Aussi extraordinaires que soient ces images, nous n’en sommes qu’au tout début de nos investigations, explique Jeffrey Moore. On fait encore face à un certain nombre d’hypothèses et nous savons que tirer des conclusions définitives dès à présent serait dangereux. »

Lire aussi :

Voici la première photographie couleur de Pluton

Jupiter : un gigantesque océan sur une lune

Damien Rigat