Polar Pod : l’étrange bateau de Jean-Louis Étienne

L'explorateur Jean-Louis Étienne est actuellement en train de concevoir une station océanique, conçue comme un bateau. Baptisé Polar Pod, ce projet ambitieux a pour but de mesurer les concentrations en CO2 au niveau de l'Antarctique.

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Depuis deux semaine, une maquette de Polar Pod (1/41) est testée dans un bassin à Brest. Les premiers résultats sont plutôt positifs. - crédit photo : Polar Pod - Jean-Louis Étienne ©DR

Polar Pod. Derrière cette expression ressemblant à un nom d’objet high-tech se dissimule en fait un projet scientifique initié par Jean-Louis Étienne. À 68 ans, le médecin et explorateur français est en train de mettre au point un bateau à l’allure très particulière pour faire le tour de l’Antarctique. Il s’agit en fait d’une station océanique conçue pour évaluer les concentrations en CO2. Le scientifique entend bien relever avec succès ce défi personnel.

Polar Pod : J.-L. Étienne pourrait travailler avec l’agence spatiale européenne

« Le CO2 se dissolvant plus facilement dans les eaux froides que chaudes, l’océan Antarctique est un vrai puits de carbone. Il est très important de mesurer précisément ces échanges », précise le passionné (Le Figaro). Autre objectif : se pencher sur les inventaires d’animaux marins. Par ailleurs, L’Agence spatiale européenne (ESA) envisagerait une collaboration avec Monsieur Étienne en vue d’une « validation terrain » des données enregistrées par le satellite Sentinelle qu’elle doit lancer en 2015.

Polar Prod : une maquette est actuellement testée en Bretagne

Pour l’instant, le projet est en phase de préparation. Une maquette de la station (1/41) est testée depuis deux semaine à Brest, dans le bassin de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer). La forme de l’appareil surprend. L’engin a été conçu comme un bateau mais vertical. Polar Pod se renversera verticalement après avoir été remorqué à l’horizontale. Des dizaines de tonnes d’eau se trouvent au niveau des tubes de la structure en treillis pour faire basculer le bateau au moment voulu. Le principe est le même que celui utilisé pour le Flip, un navire construit dans les années soixante aux États-unis pour, entre autres, surveiller des sous-marins dans le Pacifique.

Polar Pod : un navire verticale résistant et économique

La station mesure 102 mètres de hauteur, dont 75 immergés, et se compose d’un treillis en acier, d’un flotteur et d’une nacelle. Un équipage de sept personnes (un capitaine, deux chefs de quart, quatre ingénieurs) vivra sur cette dernière partie du bateau. Tout a été pensé pour que Polar Pod puisse « résister à ce milieu hostile [qu’est l’océan Austral] pendant de longues périodes [et consommer peu d’énergie] afin de réduire le coût des campagnes scientifiques », justifie Jean-Louis Étienne. Le budget pour réaliser la mission s’élève à environ 6 millions d’euros.

Comme les essais sont plutôt concluants, l’explorateur envisage un départ de Durban (Afrique du Sud) vers l’Antarctique à la fin de l’année 2016. L’équipage se laissera dériver et circulera à faible allure pour limiter la pollution et les coûts. Une fois sur place, il restera à terre. Les ingénieurs recueilleront jour après jour des informations pour chacun des programmes scientifiques envisagés.

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Cécile David