Pôle Emploi : les contrôles se durcissent

Dès le mois d’août, Pôle Emploi va renforcer ses contrôles. Le dispositif visant à vérifier le sérieux des recherches d’emploi s’étend à toute la France. Quel est alors le risque de radiation ?

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Un dispositif qui permettra le contrôle de 180 000 de chômeurs chaque année. ©ShutterStock

Si les chômeurs font partie de la « population active », c’est que par définition ces derniers se doivent d’être actifs. Actifs dans la recherche d’emploi. De fait, Pôle Emploi a décidé de renforcer ses contrôles à partir du mois d’août pour vérifier le sérieux et l’assiduité de ces recherches d’emploi.

Une mesure inutile ?

Pour cela, Pôle Emploi prévoit de mettre en place, partout en France, des équipes de contrôle : en tout 200 postes vont être créés. Pour soulager les agents de Pôle Emploi qui aujourd’hui cumulent les rôles : conseil, assistance et surveillance, les affectations se feront au prorata du nombre de demandeurs d’emploi. Deux postes sont à prévoir dans le Limousin, en Corse et en Guadeloupe, quand on parle de trente-trois en Ile-de-France.

Un dispositif qui permettra le contrôle de 180 000 de chômeurs chaque année. Pôle Emploi précise également que ces contrôles seront réalisés de façon aléatoire pour un tiers et via un signalement de conseiller pour les autres deux tiers. L’objectif étant de « redynamiser » les demandes et d’identifier ceux qui ont « besoin d’un accompagnement plus soutenu ».

Si ce dispositif, déjà expérimenté dans trois régions, entre 2013 et 2014, s’est avéré concluant et plutôt bien accueilli, d’autres y voient une mesure « inutile » et « stigmatisante ». « Il n’y a pas de travail » et c’est là le vrai problème s’insurge Pierre-Édouard Magnan, délégué fédéral du Mouvement National des Chômeurs et Précaires. « Une fois de plus on montre du doigt les personnes qui n’ont pas d’emploi, sous prétexte qu’ils n’en ont pas. Ce sont au mieux des paresseux au pire des fraudeurs », regrette-t-il.

Radiation de six mois

Dans les faits, une fois averti du contrôle, le chômeur devra répondre à un questionnaire et fournir des pièces justificatives. Si cela ne convainc pas, le dispositif prévoit un entretien téléphonique avec un contrôleur et enfin une convocation à un rendez-vous en face en face.

Ces contrôles généralisés, qui concernent tous les demandeurs d’emploi, augmentent donc le risque de radiation, et par là même l’arrêt du versement des indemnités. La réglementation prévoit une radiation de quinze jours qui peut aller jusqu’à six mois six mois s’il y a récidive.

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Laurie Ferrère