Pollution de l’air : la facture exorbitante à 100 milliards d’euros

C’est un rapport accablant que dévoile le Sénat. Selon les chiffres, la pollution de l’air en France coûterait 100 milliards d’euros à l’État par an.

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Les bâtiments se dégradent, les façades noircissent, avec parfois des phénomènes d’érosion. ©ShutterStock

100 milliards d’euros. Le nombre a de quoi faire tourner les têtes ! C’est le budget de la mission Apollo, c’est aussi celui de l’Éducation nationale, c’est aussi un tiers de la dette des Grecs et c’est la facture que dépense chaque année l’État pour la pollution de l’air.

Pollution de l’air : de lourdes conséquences, dans tous les domaines

Selon un rapport du Sénat publié ce mercredi 15 juillet, la France dépense environ 100 milliards d’euros ; une « aberration économique » d’après les membres de la Commission. En cause ? Les dépenses de santé, l’absentéisme et la baisse des rendements agricoles, entres autres. Car si l’air est « moins pollué », la pollution a « changé de nature ». Concentrée sur les sites industriels ce fut un temps, elle est aujourd’hui ancrée dans le quotidien, via les transports, le chauffage et l’air intérieur.

À quelques semaines de la Conférence de Paris sur le climat, ce rapport, intitulé « Pollution de l’air : le coût de l’inaction » a de quoi faire réagir.

Les conséquences sont là : 45 000 décès prématurés chaque année en France. La liste déjà longue des pathologies liées à la pollution atmosphérique ne cesse d’accroitre : bronchite, AVC, infarctus, etc. « En l’espace de 20 ans l’asthme a augmenté de 100 % chez l’enfant » souligne le rapport. À côté de cela, on compte 650 000 jours d’arrêt de travail avec pour motif une maladie liée à la pollution de l’air. Et ce rapport pointe aussi une baisse de la productivité des salariés.

Pollution de l’air : 61 mesures proposées, beaucoup de fiscalité

Les bâtiments se dégradent, les façades noircissent, avec parfois des phénomènes d’érosion. Sans compter l’usage des pesticides et autres engrais et leur impact direct sur la biodiversité, les rendements agricoles, la qualité des sols, etc.

Dans ce rapport, accablant, le Sénat pointe les conséquences dégradantes de la pollution de l’air, et sur la santé, et sur l’environnement. Mais s’il accuse et constate, il propose également des solutions. En tout, il liste 61 mesures pour « redonner du souffle à l’économie via l’écologie » avec pour mot d’ordre la fiscalité.

Pour les membres de cette Commission, il faut arrêter avec « l’ambiguïté persistante des pouvoirs publics ». Pour Leïla Aichi (Écologistes) et rapporteur, « il faut «faire en sorte que cette contrainte environnementale devienne une opportunité économique ».

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Laurie Ferrère