Portrait robot du pape idéal

A quelques jours de la démission de Benoit XVI, les cardinaux planchent sur sa succession. Ils souhaitent élire un homme ouvert, malin et pas trop âgé...

0
1620
Benoit XVI ©Sipa

Les quatre cardinaux français qui participeront à l’élection du nouveau pape ont dressé le portrait du successeur « idéal ». « Ouvert », « malin » et « en bonne santé », ils aimeraient également que ce nouvel évêque de Rome ne soit pas trop âgé et parle plusieurs langues. Et c’est l’un d’eux, Jean-Louis Tauran, membre de la curie romaine en charge du dialogue inter-religieux, qui sera chargé de révéler au monde le nom du futur pape.

En attendant l’heure de l’avènement du successeur de Benoit XVI, les cardinaux de Paris, Lyon et Bordeaux ont donc fait savoir quels seraient leurs critères de sélection. Le futur pape devra avoir « suffisamment d’ouverture d’esprit pour comprendre ou au moins essayer d’entrer dans des cultures différentes », a déclaré l’archevêque de Paris, André Vingt-Trois. Il devra également être « humble » et ne pas se prendre « pour le bon Dieu », avait-il plaisanté. « Il faut quand même qu’il soit malin » et qu’il ne soit « pas seulement une devanture », avait encore dit Mgr Vingt-Trois, 70 ans, président la Conférence des évêques de France (CEF). « L’âge n’est pas un critère déterminant », a ajouté le prélat, citant Jean XXIII, élu pape à 77 ans avant de profondément réformer l’Église catholique en convoquant Vatican II. Le critère de la nationalité « n’est pas le principal » non plus, a-t-il ajouté. « Ce qui me paraît le plus important, c’est la capacité d’écoute. »

Un pape « capable d’écouter tout le monde »

Un pape à l’écoute de tous, c’est aussi ce que souhaite l’archevêque de Lyon, Philippe Barbarin. Il faudra aussi qu’il puisse « tenir dans la bourrasque, dans les contradictions, le conflit ». Il devra être « vraiment solide » car succéder à un « géant » ne sera « pas facile », a estimé le primat des Gaules, selon lequel « on n’aura pas de très grands gabarits comme les deux prédécesseurs, mais cela n’a pas d’importance ».

Un pape africain ou latino ?

Mais de quel pays viendra le successeur de Benoit XVI ? Alors que beaucoup spéculent sur un éventuel candidat brésilien, Mgr Barbarin ne se dit pas contre l’élection d’un Africain ou d’un Latino-américain. « Mais je n’élirai pas un Sud-Américain parce qu’il est Sud-Américain. Ce n’est pas le look qui m’intéresse, mais la personne. »

Enfin, l’Eglise aura besoin d’un homme au caractère solide : « Cette responsabilité écrasante, qui fera de cet homme un véritable prisonnier, je ne la souhaite à personne, pas même à mon meilleur ami », a avoué Mgr Tauran, ancien ministre des Affaires étrangères du Vatican.

Maxime Quéma