Pourquoi certaines personnes sont plus douillettes que d’autres ?

Certaines personnes sont plus sensibles à la douleur que d’autres. Pourquoi ? Font-elles du cinéma ou existe-t-il une explication scientifique ?

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Le seuil de tolérance de chaque individu dépendrait avant tout du gène appelé TRPA1, aussi appelé gène de la douleur ©ThinkStock

La nature ne nous a pas créés égaux. Du moins pas face à la douleur. Vous l’avez sans doute remarqué, certaines personnes peuvent se brûler ou se couper sans même s’en rendre compte, quand d’autres hurlent à la mort au moindre bobo. Alors que vous pensiez peut-être que ces douillets faisaient du cinéma, il se pourrait qu’ils aient juste un code génétique différent du vôtre.

TRPA1 : le gène de la douleur

En effet, le seuil de tolérance de chaque individu dépendrait avant tout du gène appelé TRPA1, aussi appelé gène de la douleur. Chez certaines personnes, ce gène est bien présent mais non exprimé. Cette diminution de l’expression serait due à une méthylation, soit une modification chimique qui peut se positionner à une infinité d’endroits sur la séquence de l’ADN. Dans la plupart des cas, ces phénomènes perturbent voire arrêtent le fonctionnement de certains gènes. Ainsi, chez les personnes ayant un faible seuil de tolérance à la douleur, le gène TRPA1 est hyperméthylé et ne s’exprime pas « normalement ».

Grâce à ces connaissances, les chercheurs espèrent développer une nouvelle classe d’antidouleurs qui interviendrait directement sur l’expression du gène concerné. Mais les scientifiques doivent faire attention à ne pas trop augmenter le seuil de tolérance des individus, car la douleur est précieuse. Cette réaction nous permet en effet de nous protéger et d’avertir le corps d’un dysfonctionnement plus ou moins grave. Si vous posez, par exemple, votre main sur une plaque chauffante, la douleur va vous obliger à la retirer pour limiter la brûlure. Une sensation désagréable mais des plus utiles pour éviter certaines catastrophes.

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Mathilde Bourge