L’ADN du diable de Tasmanie pourrait faire progresser la lutte contre le cancer
Une équipe de chercheurs australiens a annoncé vendredi le séquençage du code génétique du diable de Tasmanie afin d’avancer dans l’étude de l’évolution des cancers. Le marsupial carnivore est en effet touché par une épidémie de tumeurs faciales au développement très lent qui pourrait entrainer sa disparition.
La science n’en finit pas de nous surprendre. Toujours en quête de solutions dans la recherche sur le cancer, elle a décidé d’étudier de près le diable de Tasmanie. Le séquençage du code génétique de cet animal, de la taille d’un petit chien et immortalisé pas Warner Bros sous les traits du personnage du Taz, a été annoncé vendredi dernier par une équipe de chercheurs de l’Université nationale australienne dans la revue PLoS Genectics.
Forcément, vous êtes en droit de vous demander en quoi ce marsupial, si différent de l’être humain en apparence, peut être utile dans la lutte contre le cancer. La réponse à cette question est simple : le diable de Tasmanie est une espèce extrêmement touchée par ce fléau, plus précisément par des tumeurs faciales qui la menacent d’extinction d’ici une dizaine d’années. Découvertes dans les années 1990 par des scientifiques, ces tumeurs ont la particularité de se développer à vitesse réduite, ce qui est rarement le cas pour les tumeurs humaines. Leur étude permettrait ainsi d’en savoir plus sur la façon dont les cancers se développent. « Comme nous l'avons remarqué, la tumeur évolue très lentement chez le diable, donc nous pouvons nous en servir comme modèle pour observer le cancer chez l'homme. C'est un peu comme ralentir tout le processus des cancers humains », a déclaré Janine Deakin citée par l’agence Reuters, qui a dirigé les recherches. « Dans les cancers humains, les changements se produisent si vite que nous n'avons pas la possibilité d'examiner quels en sont les mécanismes. Nous pouvons le faire avec le diable ».
Evidemment, il serait naïf de penser que la recherche sur le cancer dépend désormais du décryptage de l’ADN de l’animal, mais comme il est parfois bon de se faire l’avocat du diable, espérons que cela permettra des avancées non négligeables.
Le diable de Tasmanie menacé de disparition
D'ici cinq ans, les diables de Tasmanie pourraient avoir totalement disparu . Quelques scientifiques…
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