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Décryptage

Une oeuvre d'art contemporain, combien ça coûte ?

Le 20/10/2012 à 10:32:42
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L’art contemporain est un marché où l’on doit montrer patte blanche et où les gros chèques sont monnaie courante. Collectionneurs éclairés, spéculateurs de tous poils, milliardaires, critiques stars contribuent à fixer des prix que la raison ne comprend pas toujours.

Des milliers d’amateurs d’art contemporain déboulent tous les ans à la Fiac de Paris, fin octobre, pour s’arracher des pièces parfois hors de prix. Des sommes folles qui masquent l’essentiel. 50 % des oeuvres sont vendues à moins de 1 000 €, tempère Thierry Hermann, fondateur d’Artprice.com qui donne les valeurs indicatives de plus de 21 millions d’oeuvres. Un casse-tête que ses experts démêlent à l’aide d’une centaine de critères. « Vous pouvez acheter de l’art contemporain pour le prix d’un écran plat, d’une voiture, d’une piscine, d’une maison ou d’un château », résume Martin Berthenod, commissaire général de la Fiac.

Les clés pour faire grimper la cote

La documentation

C'est la règle d’or. Une oeuvre d’art sans documentation ne vaut pas un clou. Pour les tableaux de très grande valeur, la documentation technique contient des milliers de cotes: des pièces administratives, des critiques, des photographies, etc. « A un certain niveau de prix, les collectionneurs peuvent acheter un tableau sans forcément le voir. Ce qu’ils achètent, c’est la toute la documentation liée à l’oeuvre », explique Thierry Hermann. Un simple chaînon manquant dans la succession des possesseurs de l’oeuvre, c’est 50 % de valeur en moins.

La parole de l'expert

Pas de valeur non plus sans attestation d’experts. Chaque expert est rattaché à un artiste et il est chargé d’authentifier ses oeuvres sur le marché. D’autres critères sont plus pointus : la visibilité de la signature, la taille, etc. Les formats atypiques, notamment les grands formats (plus de 2,70 m) sont pénalisés. « Une bonne oeuvre est celle du bon artiste au bon moment avec une bonne histoire », résume Thierry Hermann. Mais comment expliquer qu’un tableau atteigne plusieurs millions d’euros ? « Ce sont des oeuvres qui sont des repères dans l’histoire de l’art », plaide Thierry Hermann. A ce titre, des artistes comme Klein ou Bacon ont révolutionné l’art.

L'oeil du milliardaire

Dans le monde, une centaine de richissimes collectionneurs, de grandes galeries et une poignée de critiques influent sur la cote d’artistes de renommée internationale. Il suffit par exemple que François Pinault, grand patron et grand amateur d’art, s’intéresse à un artiste pour que sa cote grimpe immédiatement.

L'art raisonnable

Depuis quelque temps, à côté de ce marché très élitiste, une nouvelle tendance est apparue : l’art raisonnable. Chaque année à Paris, se tient l’AAF (Affordable Art Fair), une foire d’art contemporain d’un nouveau genre. Le concept : vendre de l’art contemporain de 100 à 5000 €. Les oeuvres sont celles de jeunes artistes présentés par les galeries. Ici, les prix sont affichés et on repart avec son acquisition sous le bras. Le concept fait un tabac en Grande-Bretagne et à New York.

« C’est un marché très différent. Les personnes qui achètent le font simplement pour accrocher une oeuvre d’art qui leur plaît dans leur salon », explique Yann Bombard, organisateur de l’AAF en France et fondateur des galeries Enviedart spécialisées dans l’art raisonnable. Exemple : le Triptyque aux chaises, un tableau contemporain signé F. Il mêle peinture, écriture et graphisme à la photographie. 280 €.

Par Eric Mugneret

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