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Conso: Les marges de l'alimentaire

Le 01/03/2010 à 15:33:51
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Du producteur à notre assiette, il y a un monde. Et une longue liste d’intermédiaires: la société de transport, l’entreprise agroalimentaire, la grande surface, etc. Tous profitent de chaque étape pour prendre leur marge. Exemple d'un kilo de boeuf de l'abattoir à notre assiette.

Prenons l’exemple du cheminement d’un kilo de boeuf depuis sa vente à l’abattoir jusqu’à sa mise en rayon dans une grande surface. Son prix passe de
2, 70€/kg à 15€.
Pourquoi cette multiplication par 5? Parce que chaque intermédiaire effectue différentes tâches qui ont chacune un coût qui se répercute au fil du transport…
Et plus il y a de transformations, plus le produit coûte cher au final. Logique, me direz-vous… Ainsi, le prix de la salade en sachet est 3 fois supérieur à celui de la salade en vrac.

Haché ou tranché, le boeuf prend 8%

Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à notre boeuf. Dans cet exemple concret, on se rend vite compte que chaque intermédiaire ne joue pas à armes égales vis-à-vis de la marge. En substance, certains se montrent parfois plus gourmands que d’autres.
Dans notre exemple, l’abattoir dégage une marge nette de 2% après avoir revendu son quartier de viande de boeuf. Son travail: l’abattage, la découpe en plusieurs parties.
Viennent ensuite les entreprises agroalimentaires, c’est-à-dire les marques. Ce sont elles qui transforment le quartier de viande en steak haché ou en bifteck tranché. Et là, leur marge nette grimpe à environ 8%.
C’est ensuite au distributeur d’écouler le produit dans les grandes surfaces. Difficile de connaître exactement les marges nettes dans ce cas.

Boucherie: c’est là que le distributeur fait son beurre

Mais sur certains produits comme le jambon, la marge nette de la grande surface peut atteindre plus de 20% du prix payé par le consommateur. Tout dépend du type de produits et elle se calcule rayon par rayon.
Les marges des distributeurs sont plutôt faibles sur les fruits et légumes frais (salade, tomate, etc.) mais plus élevées sur les fruits et légumes semi-périssables comme la pomme. Un kilo de pommes, par exemple, passe de 0, 75€ (prix producteur) à environ 1, 80€(jusqu’à 2, 40€) lors de sa vente au consommateur.
Dans un rapport du Conseil économique et social consacré à la formation des prix alimentaires, les experts sont formels: «Au sein des grandes surfaces alimentaires, le rayon boucherie est un rayon phare à forte marge, comme le rayon fruits et légumes et dans certains cas le rayon marée.»

Les Amap: en direct du producteur

Il existe un moyen de consommer différemment en s’approvisionnant directement auprès du producteur.
En France, l’Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) a pour vocation de mettre en relation des groupes de consommateurs et des producteurs locaux. Tous les produits sont concernés: fruits, légumes, oeufs, fromage ou viande.
Objectif? Fournir des produits variés et de qualité à des prix abordables. Le prix de ces paniers est semblable à celui constaté en grande surface tout en ayant une qualité nutritionnelle et gustative supérieure. Le producteur recherche les variétés végétales &ndash ou les races animales &ndash de terroir ou d’anciennes reconnues pour leur qualité gustative. De tels tarifs sont rendus possibles du fait de l’absence de gâchis au niveau des produits, de l’absence d’ intermédiaires entre le producteur et les consommateurs, et d’un emballage minimal, voire absent.www.reseau-amap.org

Par Eric Mugneret

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