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Ecologie

Des plantes pour dépolluer le sol

Le 24/04/2012 à 14:23:04
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Un petit village du Gard tente de dépolluer ses sols à l’aide de deux plantes absorbantes. Une solution écologique en laquelle les habitants ont fondé beaucoup d’espoirs.

On a récemment parlé d’une commune sarthoise qui troquait ses éboueurs contre des poules, pour se débarrasser de façon écologique des ordures. Dans la même lignée, des tests pour dépolluer le sol naturellement sont en cours dans un petit village du Gard. Sur l’ancien site minier de zinc et de plomb, ont été plantées deux fleurs absorbant les polluants du sol pour les stocker dans leurs feuilles.

Jusqu’en 1991, l’extraction de minéraux était la principale activité de Saint-Laurent-le-Minier. Mais la fermeture des mines a fortement affecté la vie des habitants, non seulement d’un point de vue économique, mais aussi parce que leur sol est maintenant beaucoup plus pollué que la moyenne.

La reconversion des villageois est devenue de plus en plus dure. La pollution est telle que la récolte de fruits et légumes a été interdit sur l’ancien site minier du village, le hameau de la Papeterie. L’oignon des Cévennes, autrefois classé AOP, a perdu son appellation et de nombreux agriculteurs du coin se retrouvent sans activité.

Un espoir pour le village

Depuis deux ans, Saint-Laurent-le-Minier expérimente les vertus de deux plantes absorbantes de polluants de sol sur une surface de 250 m². Le village passe maintenant aux choses sérieuses en étendant son champ d’action à 2 hectares, sur la zone la plus polluée par les métaux lourds de la commune.

Noccaea caerulescens à fleurs bleues et Athyllis vulneraria à fleurs jaunes : voici les noms des deux plantes sur lesquelles les habitants du village fondent leurs espoirs. Ces fleurs, qui se sont adaptées à ce type de terre polluée, ne poussent que dans les environnements défavorables. Elles pourraient donc récupérer les traces de zinc et de plomb, issues d’un siècle d’exploitation minière.

« Ces deux plantes sont un espoir pour notre commune de lutter écologiquement et à moindre coût contre cette pollution qui pourrit notre vie au quotidien et empêche le village de se développer », déclare Daniel Favas, adjoint à l’environnement.

Les minéraux absorbés sont stockés dans les feuilles des plantes. « Celles-ci sont ensuite séchées, puis transformées de manière écologique pour l’industrie pharmaceutique. Par exemple, le zinc devient ainsi chlorure de zinc, un produit que l’on retrouve ensuite dans l’élaboration de nombreux médicaments », explique Claude Grison, professeur à l’université de Montpellier et chercheur au CNRS, dans les colonnes du Parisien.

Par Mathilde Bourge

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