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Environnement

Les abeilles évaluent le taux de pollution

Le 07/06/2012 à 18:55:35
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Des ruches munies de capteurs pourraient permettre d'évaluer le taux de pollution des villes. Les abeilles, en ramenant des particules environnants, contribueraient à cette opération.

Les abeilles pourraient être les évaluateurs de pollution du futur. C’est en tout cas ce que le laboratoire de recherche de Grenoble, le CEA-leti, espère. Leur projet, baptisé Bee-secured, envisage d’implanter un réseau de milliers de ruches équipées de capteurs, afin de recueillir des données environnementales.

Ces capteurs seraient capables de surveiller le comportement des abeilles, réel indicateur de la « santé » des environs. Les particules ramenées par ces insectes permettraient aux capteurs de mesurer la qualité de l’air sur un périmètre bien plus étendu qu’un capteur fixe, puisque les abeilles se déplacent dans un secteur de 30km² autour de leur essaim.

Ces ruches équipées serviraient à recueillir des informations sur la pollution, la biodiversité, les bactéries et la radioactivité, entre autres.

Grâce à son Prix de l’organisme public d’aide aux projets innovants Oséa, Bee-secured espère installer, dans les prochains mois, 300 ruches dotées de capteurs.

L’abeille, aussi à l’aise à la ville que dans les champs

Depuis les années 90, l’abeille est au cœur des débats écologiques, sa survie étant remise en question. L’homme se rend de plus en plus compte de l’intérêt vital qu’ont sur nous ces butineuses. « L’abeille, sentinelle de l’environnement » est d’ailleurs le thème des Journées nationales de l’abeille, APIdays, qui se déroulera les 22 et 23 juin partout en France.

Ce qui est surprenant, c’est que les abeilles semblent se porter aussi bien en ville, où la pollution est reine, qu’en campagne, là où elle devrait être moindre. Mais Christophe Faucon, directeur général de l’association « Hommes et abeilles », explique que « la biodiversité est plus grande [dans les villes] et les pesticides moins nombreux ». « L’abeille est la première victime des insecticides et pesticides utilisés en agriculture », rappelle d’ailleurs Henri Clément de l’Union national de l’apiculture française (Unaf). « [Elles] nous incitent à ne plus utiliser de produits phytosanitaires pour traiter les espaces verts ».

Lille, un bon exemple pour la protection des abeilles

En matière d’exemple, la ville de Lille remporte la palme. En 2007, la mairie a fait installer trois ruches sur le toit de son opéra, afin d’aider au redéveloppement de l’espèce. Depuis, 54 ruches ont été implantées dans la ville du nord.

Cette incursion dans les villes ravie les apiculteurs, qui y voient un bon moyen de faire entendre leur cause. Ces installations favorisent la multiplication des abeilles, aujourd’hui menacée d’extinction, mais permettent également de récolter davantage de miel. « Des études ont montré que le miel des villes contenait des traces de plomb aussi infimes que dans les autres zones de récolte », confirme l’Unaf.

Par Mathilde Bourge

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