Famille, je vous « H »aime !
Survivre aux vacances, voire à de simples week-ends en famille, n'est pas toujours une mince affaire. Entre les pique-assiettes, les cousins ennuyeux, la belle-mère envahissante... Comment réussir à conserver une bonne entente familiale ? Voici quelques portraits qui vous fourniront des clés pour désamorcer des situations souvent explosives.
Chantal, 67 ans retraitée des postes, belle-mère, « infernale à la perfection ». Vue par Marie, restauratrice, 32 ans.
Si vous vous attendiez au cliché de la belle-mère odieuse et critique à l'égard de tout, préparez-vous à la surprise. Chantal, ma belle-mère est inclassable. Son plus grand défaut, c'est qu'elle est parfaite ! Impossible de rivaliser avec elle. Chantal est tout sourire. C'est en travaillant qu'elle a élevé ses quatre enfants. Peut-on reprocher une telle chose à une femme ? Non, mais Chantal n'oublie jamais de me le rappeler à toutes les occasions et celles-ci ne lui manquent pas. Arrivée à la retraite, une femme méritante devait aspirer à une vie plus tranquille. Ce n'est pas son cas. Entre les petits-enfants qu'elle accueille, toujours à bras ouverts, le jardinage et la cuisine qui occupent ses week-ends, Chantal fait du bénévolat, des expos le jour, et l'opéra le soir, pas tous les soirs heureusement! Ma wonder woman est « toujours mariée à son chéri » comme elle le dit souvent et avec un sourire qui n'a rien de plaisant. Ce genre de commentaires arrive à point nommé, quand je rate une tarte ou quand mes enfants me martyrisent publiquement. Dans ce dernier cas, Chantal est toujours là, pour tout arranger d'un coup de baguette magique. Et que dit mon mari ? « Je ne comprends pas pourquoi tu n'arrives pas à t'entendre avec ma mère ? Elle fait vraiment tout pour t'aider ». Devant ma belle-mère, j'ai l'impression d'être une gamine de 8 ans. En plus de tout ce qu'elle trouve le temps de faire, elle est chic, au réveil ou lorsqu'elle fait un pot-au-feu d'une main et remet les couches de ses petits-enfants de l'autre. Impossible de lutter contre une telle perfection. Mon mari ne voit jamais rien, ne comprend jamais rien au jeu subtil de sa mère qui ne loupe pas la moindre occasion de se mettre en valeur et de me diminuer. Les week-ends de plaisir et de joie existent, mais pas en compagnie de Chantal.
Le point de vue de Pascal Neveu, psychanalyste Chantal est l'archétype de la femme parfaite à qui on ne peut rien reprocher. Comme tout archétype, cette perfection peut n'être qu'une illusion. Il se peut que Chantal se force à être parfaite, pour sa famille et/ou contre sa belle-fille. Elle exprime donc la souffrance d'une mère qui souhaite conserver son statut de bon parent et un lien exclusif et privilégié avec son fils. Chantal peut également souffrir de troubles maniaques qui la motivent pour une telle perfection. Enfin, la souffrance de Marie peut résulter d'un lien inconscient avec sa propre mère, surtout quand elle dit avoir l'impression d'une petite fille, de 8 ans, martyrisée par sa « trop belle » mère. De nombreux conflits belle-mère-belle-fille renvoient aux relations que les protagonistes ont eues avec leurs propres parents et qui entrent en résonance avec le présent. Ce présent devient alors moins objectif et plus passionnel. Marie a besoin d'en parler calmement avec son compagnon.
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