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Focus

Mes enfants n'arrêtent pas de se disputer

Le 31/08/2009 à 00:00:00
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A la naissance de votre deuxième enfant, vous imaginiez déjà vos chérubins se partager leurs jouets, s'amuser ensemble. Mais depuis quelques mois, c'est la guerre à la maison. Comment signer l'armistice ?

Jalousie rime souvent avec fratrie. Elle est partout et les disputes entre frères et sœurs en sont la principale conséquence. Il n'y a donc rien d'anormal à ce que vos enfants se querellent. N'intervenez pas immédiatement. Laissez à vos enfants la possibilité de se réconcilier. En se chamaillant, ils apprennent à régler leurs comptes seuls et testent leurs limites. Observez-les simplement pour qu'ils évitent de se blesser et surgissez à la moindre violence physique. S'ils vont trop loin, punissez-les sans aucune faveur pour l'un ou pour l'autre. Même si la petite dernière vous « jure que c'est lui qui a commencé ». Expliquez-leur toujours la cause de la punition. Mais s'ils recommencent à la moindre occasion et que la cohabitation tourne à l'enfer quotidien, employez les grands moyens : leurs guéguerres n'y résisteront pas.

Instaurez un conseil de famille N'hésitez pas à tenir une fois par mois un conseil de famille. C'est un moment très ritualisé où chacun exprime ses plaintes, ses satisfactions, ses suggestions. Prévoyez un objet, un jouet par exemple et faites le passer de main en main. Le détenteur de l'objet aura alors droit à la parole sans qu'il soit coupé dans son élan. En général, cette expérience aide les enfants à leur faire découvrir que l'un d'entre eux a mal vécu telle ou telle situation et qu'il n'en avait rien dit sur le moment. C'est l'occasion d'échanges, de dialogue entre les uns et les autres.

Consacrez du temps à chacun de vos enfants Au lieu de proclamer que vous les aimez tous de la même façon, montrez à vos enfants que vous les aimez chacun de façon unique. Consacrez au moins une vingtaine de minutes à chacun de vos enfants pour qu'ils vous racontent leur journée. Ces vingt minutes devront être en tête-à-tête, sans interruption, sans téléphone. Lui consacrer du temps, c'est lui permettre de s'exprimer sur ses doutes, sur ses joies, c'est lui montrer qu'il est unique et que vous l'aimez. Nombre de disputes naissent de la sensation qu'éprouve l'un de vos enfants de se sentir moins aimé que son frère ou sa sœur.

Proposez-leur les « jours pairs ou impairs » Vos enfants se battent pour pouvoir monter à la place du conducteur avant dans la voiture, ou passer sous la douche en premier, ou pour toutes sortes d'autres raisons tout aussi importantes à leurs yeux. Adoptez le système suivant : les jours pairs, c'est votre fille qui se met devant ou passe sous la douche la première. Les jours impairs, c'est votre fils.

Faites-leur dessiner leur mécontentement Pour éviter qu'ils ne déchargent leur agressivité sur leur petit voisin, n'hésitez pas à leur tendre une feuille de dessins et des crayons de couleurs. Toute activité créatrice répond au besoin fondamental de créer, de s'exprimer. Parce qu'elle permet l'expression de soi, elle devient une activité thérapeutique . A travers le dessin, l'enfant s'exprime librement et décharge tensions et émotions. Il dessinera peut-être un monstre pour la colère, la peur, ou une fleur fanée pour la tristesse. En se libérant, il peut ensuite en parler.

Aidez-les à trouver une solution à leur problème Selon Adèle Faber, auteur de « Jalousies et rivalités entre frères et sœurs », « quand les enfants ne sont pas capables de trouver par eux-mêmes une solution à leur problème, il est temps pour les parents d'intervenir. Réunissez les adversaires. Expliquez l'objet de la réunion et les règles fondamentales. Notez par écrit les sentiments et les préoccupations de chaque enfant, et relisez à haute voix. Laissez-leur du temps pour contester. Invitez chacun à trouver des solutions. Mettez par écrit toutes les idées, sans les juger. Choisissez parmi les solutions celles qui conviennent à tout le monde. Les enfants qui apprennent à négocier dans le calme et avec compétence acquièrent d'importantes aptitudes de communication qui leur seront nécessaires, plus tard, pour la résolution de problèmes sociaux.

Votez pour prendre une décision Parc ou balade en forêt ? Pour éviter de passer toute la journée à la maison à parlementer sur la meilleure destination, rien ne vaut le vote à main levée. Attention cependant. Le vote peut engendrer des ressentiments, surtout quand il devient une échappatoire pour ne pas écouter le point de vue de chaque enfant. Trois voix pour le parc, une pour la forêt. Le choix est fait. En revanche, n'hésitez pas à dire : « Nous irons au parc parce que c'est le vote de la majorité, mais n'oublions pas que l'un d'entre nous est déçu. Et qu'il avait très envie d'aller en forêt aujourd'hui. » Une façon de consoler le perdant et de lui montrer qu'on ne l'a pas oublié.

Improvisez une pièce de théâtre Pour faire comprendre à vos enfants les réactions de chacun des « belligérants », proposez un jeu de rôle. Imposez les règles. Arthur, votre petit dernier de huit ans, se verra attribuer le rôle de Germain, votre aîné de douze ans. Et inversement. Recréez la situation qui a provoqué la dispute avec tous les éléments en cause. Demandez leur de se mettre dans la peau de l'autre. Et observez. En jouant la comédie, vos enfants prendront conscience qu'ils sont allés trop loin dans leur agissement, et comprendront les réactions de l'autre. Proposez ensuite d'en parler tous ensemble. Pourquoi se chamaillent-ils

  • Pour attirer l'attention ou les faveurs des parents. L'enfant veut tout et considère que ce que l'on donne à l'autre lui est enlevé. Pour lui, « Je reçois moins » veut dire « On m'aime moins, donc je vaux moins ».
  • Pour régler des problèmes de territoire
  • Pour s'affirmer, exister et prendre confiance
  • Pour se rassurer Attention à la violence Le jaloux peut en venir aux mains et aux coups. Lorsque la jalousie devient violence, elle signifie aussi souffrance de l'enfant, celle de se sentir moins aimé que l'autre. Si votre enfant s'isole, se coupe du monde et des autres, c'est aussi un signal d'alarme. Cela se manifeste par des colères, un repli sur soi ou des troubles du sommeil et de l'alimentation. Intéressez-vous davantage à lui et rassurez le sur l'amour que vous lui portez.

A lire : « Jalousies et Rivalités entre frères et sœurs » par Adele Faber et Elaine Mazlish - Ed. Stock

Par La rédaction

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