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Enquête

Sexe : grandes solutions pour petites pannes

Le 31/08/2009 à 00:00:00
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Les femmes ont tendance à penser que, côté sexualité, les hommes ont de la chance, que chez eux le plaisir va de soi et que c'est « mécanique ». Elles ont raison, mais en partie seulement. Comme toute mécanique, il arrive qu'elle soit grippée. Petit tour d'horizon des pannes au masculin et au féminin auxquelles Annie Ferraton et Catherine Emié-Delache, sexologues, apportent quantité de conseils et solutions. Par Linda Heartfield

Alors, pour pallier mes craintes, j'essaye d'être une amante passionnée voire insatiable. Si je suis devenue aussi excitante pour lui, c'est au détriment de mon propre plaisir.

HOMMES

Laurent, 32 ans, architecte
Q/ J'ai toujours été un anxieux, mais au lit ça n'avait jamais posé de problème. Et puis, j'ai perdu mon emploi et, comme dans le film The Full Monty, j'ai aussi perdu tout désir. Malgré la gentillesse de ma compagne, je me sentais incapable d'assurer au lit. Au bout de plusieurs mois, j'ai paniqué et je suis allé voir mon généraliste pour commencer. Il m'a expliqué que les antidépresseurs que je prenais pouvaient provoquer ces pannes. Alors, j'ai arrêté, mais ça ne s'est pas amélioré. Inutile de vous dire que Mado, ma compagne, a tout essayé : dessous coquins, jeux érotiques, rendez-vous à l'hôtel ! Mais rien n'a marché. Je crois que plus elle essayait, plus j'angoissais à l'idée de la décevoir. Finalement, j'ai décidé d'aller voir une sexologue. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai moins honte d'avouer mes échecs devant une femme, qu'un homme. Mais par contre, je crains qu'elle me demande de venir avec Mado. Cette idée m'angoisse vraiment sans que j'arrive à savoir pourquoi. En plus elle n'a aucun problème. Elle est douce, compréhensive. Alors que moi, je suis complètement bloqué. J'ai vraiment besoin d'aide. Ma compagne me dit que le fait d'être sans emploi me stresse trop et que je me sens diminué parce que je suis au chômage. C'est certainement vrai, que ferons-nous si je trouve un emploi et que ça ne s'arrange pas.

R/ Laurent manque de confiance. Il reconnaît d'ailleurs sa propre anxiété. C'est connu. Certains antidépresseurs nuisent à la sexualité. La perte du travail a toujours des répercussions psychologiques. C'est possible que Laurent ne se sente plus reconnu socialement, ce qui peut entraîner une perturbation dans sa virilité. Il y a un risque d'évolution vers une impuissance secondaire psychosomatique. C'est pourquoi il devrait consulter un psy faire le point. La baisse de l'anxiété et une confiance en soi font boule de neige pour aboutir à plus de dynamisme dans la recherche d'emploi et le retour d'une sexualité épanouie. En attendant, le couple peut avoir des rapports excluant la pénétration et tout jeu sexuel nécessitant une érection. L'absence d'angoisse de la performance pourra l'aider à se sentir rassuré.

Raphaël, 20 ans, étudiant en beaux-arts
Q/
J'ai toujours pensé que la première fois ressemblerait à quelque chose de magique. C'était le fiasco. Pour elle aussi, c'était la première fois. Elle a eu mal et j'ai éjaculé en un clin d'œil, puis nous nous sommes trouvés hypergênés tous les deux. J'ai enfilé mon jean et mon tee-shirt et je me suis sauvé en bredouillant un « salut ». Depuis, ça n'a guère été mieux. Comme je suis plutôt beau gosse, les filles viennent vers moi spontanément, mais elles ne comprennent pas pourquoi je suis réservé. Je les regarde et je crois que la plupart pense que je suis homosexuel. J'ai peur de rester éjaculateur précoce et ça me bloque. Depuis deux mois, je suis avec Elodie. Elle est jolie et très gentille. La première fois avec elle, ça a été aussi rapide. La seconde fois, j'ai pu améliorer la situation. Pour le moment, je tiens une ou deux minutes, jamais plus. Le seul avantage pour Elodie, c'est que pour masquer mon éjaculation précoce, je suis devenu le roi des préliminaires amoureux ! Je connais toutes les zones érogènes ! Reste que j'aimerais vraiment pouvoir faire l'amour comme les autres. Je suis hypercomplexé et je crains qu'elle se lasse. Je n'oserais jamais rencontrer une autre fille. Élodie me dit que ça lui était égal mais je pense qu'elle ment...
R/ Il faut savoir qu'à l'instar des grands singes, l'homme est programmé pour jouir en quelques secondes. Ce qui n'est pas le cas de la femme ! Ce n'est que par l'apprentissage de la retenue qui lui permet de retarder son éjaculation que l'homme parvient à jouir avec sa partenaire. Cet apprentissage passe par la masturbation adulte et non adolescente. Elle consiste à se maîtriser en se masturbant seul sans femme à ses côtés et à « chronométrer » ! Chaque fois que l'excitation devient trop forte, l'homme doit se concentrer et penser à stopper ses fantasmes. À penser aux courses, par exemple, plutôt qu'aux doux seins de sa partenaire. La question de temps est relative. Celle qui compte est le temps qui convient aux deux partenaires pour arriver à l'orgasme. Chacun doit donc apprendre à connaître son corps, à écouter les sensations qui vont déclencher le plaisir. Cette montée en puissance comporte également le temps des préliminaires qui permet à la partenaire d'arriver à un niveau d'excitation telle que même si le temps de pénétration est un peu court, il suffira d'un petit ajustement. Comme dans tout apprentissage, la répétition et la mémorisation sensorielle améliorent la performance.

David, 41 ans, disquaire
Q/
À l'âge que j'ai, on pourrait penser qu'on a surmonté ses complexes. La preuve, ce n'est pas vrai. Il y a un truc qui me gâche la vie. Mon sexe est tout petit. Pas besoin d'essayer de me rassurer. Au collège dans les douches, je voyais bien comment étaient les autres. Pas besoin d'être intelligent pour se rendre compte que je ne fais pas le poids... ou plutôt la taille parce que je suis plutôt bien bâti mais pas là où il faut. J'ai lu dans des magazines féminins que « la taille ne compte pas », mais c'est faux. J'ai déjà fréquenté des filles qui m'ont « gentiment » dit « Je ne sens rien » Croyez-moi, on n'oublie pas ce genre de remarques. À présent je vis avec Carole depuis plus de sept ans. Elle me dit que ça ne la gêne pas, que j'ai d'autres talents et des mains en or, mais ça ne règle pas mon problème. J'ai entendu parler de la chirurgie esthétique du pénis. J'y songe très sérieusement. Vous ne pouvez pas imaginer tout ce que ce complexe m'a empêché de faire : des sports d'équipe, à cause de la douche et des vestiairespartir en vacances avec des amis, pour ne pas partager la chambresortir avec certaines filles qui plaisantaient sur la taille du sexe de leurs ex-copains. Alors, je vais peut-être me lancer car je ne crois plus aux crèmes miracles et autres gadgets. Maintenant, ce sera la chirurgie ou rien !

R/ Pourquoi pas ! Une chirurgie plastique pénienne peut être la solution à un complexe handicapant, même s'il ne s'agit QUE d'un handicap psychologique. Il faut savoir que toute chirurgie esthétique ou réparatrice implique une part d'imaginaire. La réalisation doit aussi tenir compte de l'image mentale qui devra intégrer ce nouveau pénis idéalisé. Aujourd'hui, il est possible d'allonger le pénis au repos en pratiquant une incision au niveau où le pénis se rattache au corps. Ça permet de gagner un centimètre ou deux. Il est possible de « l'étoffer » en améliorant sa circonférence grâce à des injections de graisse prélevée dans une autre partie du corps.

FEMMES

Laurence, 26 ans, informaticienne
Q/
Je vis avec Christophe depuis trois ans. On se sent plutôt bien ensemble. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes s'il n'y avait pas ce problème de sexualité entre nous. Un problème qui n'a rien de bien original. Je suis frigide. En fait, je ressens seulement du plaisir dans les rapports sexuels, mais j'éprouve de la jouissance uniquement dans la masturbation. Comme Angélique, Marquise des anges, je rêve d'un beau pirate, viril et sans manières ! C'est ce qui me fait fantasmer, seulement voilà, lorsqu'on fait l'amour, je n'arrive pas à me concentrer sur mes fantasmes, et Christophe est trop poli. Il n'atteint donc pas ma zone érogène. J'aimerais qu'il me dise des choses crues, mais il reste muet. Je m'ennuie avec lui, et même mes livres érotiques me font plus d'effets. Comment réapprendre le plaisir à deux ? R/ Tout d'abord, Laurence se qualifie de frigide. Rassurons-la, ce n'est pas le cas, puisqu'elle prend plaisir à faire l'amour et jouit en se masturbant. De plus, elle est habitée de nombreux fantasmes qui alimentent sa libido. Laurence et Christophe n'ont pas besoin de réapprendre à jouir à deux. Ils ont simplement besoin d'apprendre. Ils peuvent lire ou voir ensemble des films érotiques, afin de partager leurs fantasmes. Connaître le potentiel érotique de l'autre et comprendre ce que l'un attend de l'autre est très important. Cela peut passer par une thérapie personnelle. Marielle, 33 ans, scripte
Q/
Ma relation avec Arnaud, beau, intelligent, sexy dure depuis bientôt deux ans. Tout serait parfait s'il n'avait pas ce petit problème : il est convaincu que pour satisfaire une femme il suffit d'exciter ses parties génitales. Alors, il ne s'intéresse qu'à ça et insiste. J'essaye de guider sa main vers d'autres zones érogènes ou de lui parler, mais rien n'y fait. Pourtant, il veut faire de son mieux. Pour moi, le mieux est vraiment l'ennemi du bien. J'aimerais trouver une solution. Après nos ébats, je suis endolorie et loin d'être satisfaite. R/ Le dialogue est un apprentissage. Il passe par des caresses. Arnaud a peut-être connu une autre femme qui aimait cette façon de faire. À vous de le guider, de lui rappeler ce qui est à votre goût, etc. Vous pouvez aussi introduire le sujet en lui demandant la manière dont lui-même aime être caressé. Vous serez peut-être surprise. Vous pouvez aussi utiliser des huiles aphrodisiaques irriguantes qui sont vendues dans les boutiques spécialisées ou par VPC et vous caresser seule pendant l'acte ou les préliminaires. Jessica, 23 ans, vendeuse
Q/
Depuis cinq mois, je sors avec Jérôme que j'ai rencontré dans l'entreprise où nous travaillons. Il est craquant et l'on s'entend très bien, même au lit. Pour la première fois, je fréquente un homme attentif qui prend en compte mes désirs. Seule difficulté rencontrée : si la fellation ne me pose pas de problèmes entre nous, je butte complètement sur la sodomie. Jérôme a tellement insisté qu'au bout de quatre mois j'ai accepté d'essayer. Ce fut pour moi une expérience affreuse. Lui, en revanche, avait tellement de plaisir que, pour la première fois, il ne m'écoutait plus. Depuis nos relations sont tendues. Chaque fois que Jérôme veut renouveler l'expérience, je refuse de recommencer. Je ne sais pas comment faire pour que notre couple ne casse pas. R/ Que Jessica se rassure un couple ne « casse pas » parce qu'il y a une réticence sur une pratique sexuelle particulière. Celle-ci demande une préparation psychologique et une délicatesse particulière et un apprentissage. Cependant, il y a lieu de s'interroger pour savoir pourquoi Jérôme insiste tant sur la sodomie. Qu'est-ce que cela évoque, ou représente pour lui ? Par ailleurs Jessica peut se poser les mêmes questions sur sa réticence. La sodomie est-elle un acte interdit, sale, ou juste une pratique sexuelle différente qu'elle n'a pas envisagé jusqu'à présent ? La thérapie personnelle s'avère souvent efficace. Katia, 29 ans, costumière
Q/ Je fréquente Jérémy depuis deux ans, mais nous n'avons pas encore trouvé un rythme sur le plan sexuel. Côté préliminaires, il est plutôt avare. J'ai à peine droit à quelques caresses. J'ai beau guider ses mains, il ne suit pas et passe à l'acte sans se soucier de ce que je ressens. A ce stade, c'est moi qui prends le relais du problème. Je deviens trop contractée, coincée et cela se termine par une phobie qui gâche nos rapports. Alors, au moment de l'acte, j'ai une soudaine envie d'aller aux toilettes. Je bloque tout et je ne jouis pas. Pourtant je prends mes précautions. La journée, je bois très peu et je prends la peine d'aller aux toilettes juste avant nos rapports. Cette hantise d'uriner ne me quitte pas et je ne sais plus quoi faire. R/ Le sexe pose problème aux deux par défaut de connaissance du corps. Comme elle n'est pas détendue, Katia porte la peur sur la vessie et cette peur d'uriner la perturbe. Jerémy doit apprendre à explorer les zones érogènes de sa compagne dans de réels préliminaires qui permettraient d'atteindre un certain niveau d'excitation pour Katia et pour lui-même. Une meilleure connaissance du corps leur permettrait de rester détendus. Katia n'a pas besoin de prendre la fuite. Une consultation pourrait être bénéfique. Muriel, 33ans, attachée de presse
Q/
Je vis avec François. La phase où l'on se sautait dessus non-stop, n'importe et n'importe quand commence à s'essouffler. Après deux années passées ensemble, nos rapports sexuels se raréfient et ça m'inquiète terriblement. Le pire, c'est que je ne peux pas l'en blâmer. Moi aussi je suis ne suis pas disponible. J'ai envie moins souvent. Pourtant, lorsqu'on arrive à accorder nos emplois du temps, nos rapports restent plutôt satisfaisants. Mais, j'ai la nostalgie des ébats fougueux de nos débuts et je dois avouer que je recommence à regarder les autres hommes. Et la tentation me gagne. Lorsque François est absent ou quand je sors seule ou avec des copines, j'ai envie de flirter. Pour le moment, je n'ai pas l'intention de passer à l'acte, mais si notre vie sexuelle ne s'améliore pas, je ne suis pas sûre de rester fidèle bien longtemps. Nous sommes déjà, ou presque, comme un couple de petits vieux. Pourtant, j'aime vraiment François. R/ Pourquoi ne pas en parler ensemble. C'est une question de fréquence des désirs, de capacité de s'accorder du temps et de se rendre disponible. Qu'est-ce qui compte le plus à ce moment précis ? Pour en parler avec François, Muriel peut commencer par hiérarchiser ce qui est plus important pour elle : l'emploi du temps ou l'harmonie du couple ? Quant à la tentation, elle en existe toujours dans la vie. Quelle place lui accorder ? Songer à l'infidélité n'est-ce pas déjà envisager une ouverture dans cette voie ? Commencer par en parler ensemble. C'est préférable et possible d'améliorer la situation présente puisque Muriel donne des indications plutôt positives : leurs rapports sont satisfaisants et elle aime François. Cette solution reste donc possible ! Cathy, 27 ans, secrétaire
Q /
Voilà sept longues années que je partage ma vie avec Vincent. On dit que c'est un des caps difficiles des couples. C'est en tout cas vrai pour nous, mais j'ai de quoi grincer des dents. Vincent ne cesse de regarder les autres femmes, surtout celles qui ont une poitrine avantageuse. _ Ce n'est pas mon cas. D'ailleurs, j'en suis complexée et vexée. Lui, préfère nier. Au lit, ça se passe plutôt bien, mais j'ai sans arrêt peur qu'il parte avec une autre femme plus sexy. Alors, pour pallier mes craintes, j'essaye d'être une amante passionnée voire insatiable. Or, en vérité je me force. Si je suis devenue aussi excitante pour lui, c'est au détriment de mon propre plaisir. Sur le plan sexuel, j'essaie de lui apporter tout ce qui lui plaît, mais lui ne fait rien pour essayer de me satisfaire. Je continue malgré tout parce que j'ai peur de le perdre, mais je m'y perds. Je n'arrive pas à concilier mon plaisir et le sien, alors je sacrifie le mien. R/ Cathy donne beaucoup et reçoit peu. Il y a comme un leurre. Elle dit à la fois que ça se passe plutôt bien et que, pour donner, elle s'oublie en route et se perd. Cette générosité sexuelle peut cacher la crainte d'être seule. Si elle ne prend pas plaisir et qu'elle n'est pas gratifiée d'une écoute sexuelle, autant arrêter les frais plutôt que de se sacrifier !

Par La rédaction

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