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Science

45 ans : le début de la fin pour notre cerveau

Le 09/01/2012 à 13:38:06
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Une très sérieuse étude britannique vient de montrer que les capacités cérébrales humaines se dégradaient dès 45 ans... Surtout sur les spécimens de sexe masculin. La vie serait-elle "trop injuste" ?

Jacques Brel le chantait pourtant de façon claire et explicite : « plus on devient vieux plus on devient con ». C’est en substance ce que révèle une récente étude réalisée auprès de 7000 fonctionnaires au service de sa Majesté et publiée par le quotidien britanniques The Guardian. Le but de cette étude consistait à suivre l’évolution et donc les changements des différents sujets en ce qui concerne la mémoire, le raisonnement et la compréhension sur une décennie. Même si on s’en doutait depuis longtemps, l’âge n’arrange rien à l’affaire. Curieusement et alors que nos corps ne manque pas de se régénérer à de multiple occasion (on songe à la cicatrisation de la peau, à la recomposition naturelle du foie ou de la moelle osseuse, à la génération des gamètes des organes génitaux), les neurones semblent curieusement échapper à cette perpétuelle cure de jouvence.

45 ans : le début de la fin

On y apprend ainsi que les capacités cognitives de l’individu commencent à décliner dès l’âge de 45 ans et non pas 60 ou 70 ans comme on le pensait précédemment. A la fin des années 90, François Féron, spécialiste en neurogenèse et réparation du système nerveux, écrivait ainsi dans l’ouvrage Du fer dans les épinards (éditions Seuil) qu’en « moyenne les capacités intellectuelles sont peu affectées jusqu’à l’âge de 70 ans ». Perdu François… Il semblerait bien que les choses se gâtent sérieusement sitôt passée la quarantaine… Si entre 45 et 49 ans la baisse des capacités est égale entre les hommes et le femmes, les chercheurs ont constaté qu’entre 65 et 70 la baisse des capacités cognitives est bien plus importante chez l’homme que chez la femme (9,6% contre 7,4%...). Du vieillissement cérébral aux premières étapes de la démence il n’y a qu’un pas que Archana Singh-Manoux à la tête de ces recherches ne manque pas de mettre en exergue.

21e siècle : le siècle des séniors

De cette étude on tire deux enseignements majeurs : la détérioration des facultés intellectuelles intervient donc plus tôt qu’on ne le pensait et touche en priorité les hommes. Mais à une époque on la durée de vie ne cesse de s’allonger sous nos latitudes (81 ans en moyenne en France selon le dernier bilan de l’OMS, contre 48 en République Centrafricaine), il est important d’anticiper, tout autant que d’accompagner, ce vieillissement bien plus précoce qu’on ne le pensait jusqu’ici. On le sait, un mode de vie sain, une pratique d’exercices physiques régulière, une alimentation équilibrée retardent ce vieillissement qui pourrait devenir une vraie préoccupation sociétale au 21e siècle. Entre ce vieillissement naturel et la multiplication des patients atteints de la maladie d’Alzheimer (conséquence directe et indirecte de bien des maux du siècle précédent), le cerveau et son vieillissement seront au cœur de bien des préoccupations futures.

 

En même temps, comme le disait si joliment La Bruyère, « on redoute la vieillesse que l’on n’est même pas sûr de pouvoir atteindre ».

 

 

 

 

Par La Rédaction

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