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Santé

Bientôt un vaccin contre l'obésité ?

Le 12/07/2012 à 07:33:33
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Des chercheurs ont testé sur des souris un vaccin anti-obésité. Les premiers résultats s'avèrent encourageants.

L'obésité ne cesse de croître dans le monde et les médecins peinent à freiner cette évolution. Conseils nutritionnels, activité sportive, parfois cela ne suffit pas. Vaincre l'obésité, qui peut être mortelle dans le pire des cas, est donc devenu un défi majeur pour la santé publique.

Un vaccin pour lutter contre l'obésité serait-il LA solution ? Si nous sommes encore loin d'un produit pour les hommes, le Journal of Animal, Science and Biotechnology évoque une étude réalisée sur les souris, qui peut s'avérer intéressante.

Keith Haffer, président de la société BraaschBiotech basée dans le Dakota du Sud (Etats-Unis), a constaté que les calories s'éliminaient plus rapidement sous l'effet de l'hormone de croissance et de la protéine IGF-1. Autrement dit, le métabolisme s'accélère, ce qui conduit à une perte de poids.

Le seul souci est que cet effet brûle-graisse est coupé court par une autre hormone appelée somatostatine. Les chercheurs ont donc eu l'idée d'injecter une forme modifiée de cette hormone à des souris, qui produisait des anticorps et donc s'opposait à l'action négative de la somatostatine sur la perte de poids. L'hormone de croissance et la protéine IGF-1 pouvaient donc faire leur travail sans encombre.

Une méthode non chirurgicale efficace

Pendant six semaines, des souris ont servi de cobaye pour tester un vaccin contenant cette hormone modifiée. Un premier groupe de dix souris a reçu le produit tel quel, tandis que les chercheurs ont injecté un placebo au second. Les deux groupes ont reçu le vaccin deux fois, la première au tout début de l'expérience, la seconde au 22e jour du suivi. Au préalable, toutes les souris avaient reçu un régime hypercaloriques et étaient donc obèses.

Et le constat est plutôt encourageant. Au bout de quatre jours de test, les souris vaccinées, qui recevaient toujours une alimentation riche, ont tout de même perdu 10 % de leur masse corporelle, quand le second groupe de souris, soumis au même régime, restait à un poids égal. Au bout des six semaines d'expérience, les effets avaient diminué mais les souris vaccinées grossissaient deux à trois fois moins rapidement que celles ayant reçu un placebo, tout cela sans que les taux d'hormone ou d'insuline ne grimpent.

Le docteur Haffer se réjouit en affirmant que « cela permettrait aux professionnels de la santé de disposer d'une méthode non chirurgicale et non médicamenteuse contre l'épidémie de surpoids.»

Pas un vaccin pour devenir mannequin

Aujourd'hui, très peu de médicaments anti-obésité sont autorisés en France et la chirurgie bariatrique reste réservée aux obésités massives. La plupart des personnes souffrant d'obésité sont donc traités de façon traditionnelle, avec un régime alimentaire et de l'activité physique.

Le docteur explique que «cette étude montre qu'il est possible de traiter l'obésité par la vaccination » mais modère tout de même, en rappelant que « de plus amples recherches sont nécessaires pour étudier les effets à long terme de ce vaccin ».

Et juste au cas où, on rappelle que ce produit ne serait destiné qu'aux personnes dont la santé est en danger, donc pas à celles qui y voient déjà une solution miracle pour éliminer leurs quelques kilos superflus.

Par Mathilde Bourge

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