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Santé

H1N1: mise au point d'un vaccin

Le 19/11/2009 à 11:38:24
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Alors que les Français s’apprêtent à se faire vacciner contre la grippe A, les usines des laboratoires pharmaceutiques tournent toujours à plein régime. Une aubaine financière, mais aussi un défi technologique qui a accéléré la mise au point du vaccin grippal en quelques semaines seulement.

Tout a commencé en mars 2009 avec l’apparition d’un nouveau virus de la grippe au Mexique. Depuis, les géants de l’industrie pharmaceutique sont sur la brèche… En quelques semaines, ils ont dû mettre au point un vaccin, alors que le processus de fabrication peut habituellement demander plusieurs années. En France, où les premiers vaccins sont arrivés sous bonne escorte, quatre fabricants ont été choisis pour fournir des doses de vaccin contre la grippe A H1N1 : le britannique GlaxoSmithKline (50 millions de doses), le français Sanofi Pasteur (28 millions), le suisse Novartis (16 millions) et l’américain Baxter (50.000 doses environ).
Retour sur une vraie course contre la montre.

Le H1N1 en ligne de mire

Aux 4 coins de la planète, des labos collectent en permanence des échantillons de différents virus. C’est ainsi que l’OMS (Organisation mondiale de la santé) a repéré le nouveau virus qui présentait des différences avec les souches grippales en circulation. Les scientifiques ont ensuite adapté ce virus à son utilisation lors de la fabrication d’un vaccin pour le rendre moins dangereux. C’est cette souche vaccinale qui a été distribuée par l’OMS en mai 2009 aux laboratoires pharmaceutiques. Chaque labo a donc travaillé à partir de la même souche en fabriquant un vaccin différent.

Le virus H1N1 est cultivé dans l'oeuf

Pour mettre au point le vaccin contre la grippe A, les industriels ont dû répondre à un défi de taille: cultiver les virus vaccinaux à grande échelle. Car un vaccin, rappelons-le, est toujours conçu à partir du virus. La vaccination consiste à reproduire le processus naturel de défense immunitaire d’un individu face à un virus.
Pour cela, les laboratoires ont eu recours à une technique traditionnelle. Ils ont cultivé les virus dans des oeufs de poules fécondés. Pourquoi? C’est un milieu propice à la multiplication des virus grippaux et il est facile de s’en procurer. Pour produire le vaccin, le virus vaccinal est donc injecté dans des milliers d’oeufs qui sont alors mis à incuber pendant deux ou trois jours pendant lesquels le virus se multiplie. Le blanc d’oeuf, qui contient désormais des millions de virus vaccinaux, est ensuite récolté. Il est inactivé par une réaction chimique. Les virus sont cassés pour recueillir l’antigène, la substance qui produit des anticorps.
Mais une méthode alternative a été utilisée: les vaccins de l’américain Baxter, par exemple, n’ont pas été cultivés sur oeuf, mais par division cellulaire.

Le vaccin contre la grippe A avec ou sans adjuvant

Pour amplifier la réponse immunitaire, certains labos ont ajouté un adjuvant. Sur les trois vaccins actuellement autorisés en France, deux contiennent des adjuvants à base de squalène. Il s’agit du Pandemrix (GSK) et du Focetria (Novartis). Afin de rassurer l’opinion publique, l’Afssaps rappelle qu’il existe depuis 2001 un vaccin contre la grippe saisonnière, Gripguard, qui contient le même adjuvant que celui du vaccin Focetria. Environ 45 millions de doses de ce vaccin ont été utilisées sans faire apparaître de problèmes de tolérance ou de réactions. Pour le moment, seul le vaccin de Baxter est sans adjuvant. En attendant l’arrivée imminente des deux vaccins de Sanofi Pasteur, Humenza et Panenza.

Les essais cliniques des laboratoires

Pour confirmer que le vaccin est réellement inoffensif, les laboratoires réalisent des essais cliniques. Ils servent également à déterminer précisément la quantité d’ antigènes que doit contenir chaque dose, mais aussi si les vaccins doivent être injectés en une ou plusieurs doses.
Baxter, par exemple, a mené depuis le début du mois d’août des essais cliniques sur son vaccin. Les résultats préliminaires auprès de 400 adultes en bonne santé et 400 enfants et adolescents démontrent que le vaccin est bien toléré, selon le fabricant.
Sanofi Pasteur a débuté ses essais cliniques en Europe le 18 août 2009 auprès de 300 enfants de 3 à 17 ans en Finlande et 450 adultes en France.

L'autorisation de la mise sur le marché

Au sein de l’Union européenne, c’est la Commission européenne qui donne l’autorisation de mise sur le marché, un document indispensable pour commercialiser un médicament ou un vaccin.
Avant cette étape, l’Agence européenne du médicament émet un avis scientifique qui juge de l’efficacité et de l’innocuité du vaccin. Dans le cadre de la lutte contre les pandémies, l’Union européenne a mis en place, en 2005, une procédure qui permet d’accélérer le processus d’autorisation de mise sur le marché.

Par Eric Mugneret

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