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Jeux paralympiques : ces athlètes qui se blessent pour améliorer leurs performances

Le 28/08/2012 à 18:15:50
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Selon la BBC, certains athlètes paralympiques s'infligeraient volontairement des blessures supplémentaires afin d'améliorer leurs performances sportives. Une pratique qui peut s'avérer très dangereuse.

Selon un reportage diffusé par la BBC, un tiers des athlètes paralympiques souffrant de la colonne vertébrale s’infligeraient des blessures supplémentaires afin d’augmenter leurs capacités physiques. Un coup de massue pour les jeux, qui débuteront le 29 août prochain.

Mais pourquoi ces sportifs, admirables de courage et de détermination, s’automutilent ainsi ? Les médecins expliquent que cela leur permettrait de bénéficier des conséquences naturelles de guérison et ainsi améliorer leurs performances.

Augmentation de la pression artérielle

Alors qu’on connaissait déjà la simulation d’handicap, la BBC nous emmène un peu plus loin en dénonçant des pratiques interdites et dangereuses de la part de ces sportifs qui veulent se dépasser toujours plus.

Le fait de se blesser volontairement revient, qui l’eut cru, à se doper et à tricher, bien qu’aucune substance chimique ne soit absorbée, puisque le « coup de boost » recherché sera produit par le corps lui-même. Le Comité Paralympique appelle d’ailleurs cette pratique, interdite depuis 1994, le « boosting ». Certains handicapés souffrant de la colonne vertébrale utiliseraient cette méthode afin d’augmenter leur pression sanguine. "Il est vrai qu'il existe un désavantage certain à avoir une pression artérielle basse", explique le Dr Andrei Krassioukov, spécialiste des blessures de la colonne vertébrale. "Tout d'abord, ces personnes veulent se sentir mieux, et elles se sentent effectivement mieux quand leur pression artérielle est plus élevée. Mais la deuxième raison est bien sûr le désir de gagner, de se mesurer de façon équitable aux athlètes qui ont une pression normale".

Une santé sacrifiée sur l’autel de la performance, également observée par un journaliste ayant accepté de témoigner dans les colonnes de Le Monde. Cet homme a pu suivre de près, pendant plusieurs années, ces sportifs et dénoncent aujourd’hui des pratiques d’auto-torture. Il raconte, par exemple, que certains athlètes allaient jusqu’à se briser un ou plusieurs orteils avec un marteau, afin d’augmenter leur pression artérielle.

Un alpiniste canadien de 36 ans, Brad Zdanivsky, a également accepté de témoigner : "En certaines occasions, j'ai administré des chocs électriques importants à ma jambe ou à un de mes orteils. Je pouvais soulever plus de poids et pédaler plus fort, c'est très efficace."

Des pratiques qui peuvent être fatales

L’athlète a cependant bien conscience des risques qu’il a pris en s’infligeant de telles souffrances. "Vous atteignez un pic de pression artérielle qui peut faire éclater un vaisseau derrière votre œil, ou provoquer une attaque cérébrale. Ça peut également provoquer un arrêt cardiaque. C'est très désagréable, mais les résultats sont indéniables".

C’est d’ailleurs à cause de ces risques que le Comité Paralympique a décidé d’interdire ces pratiques, et s’inquiète chaque année du phénomène. Selon une enquête effectuée auprès des sportifs, 17 % d’entre eux, souffrant de la colonne vertébrale, ont admis avoir recours au boosting. Toutefois, le Comité estime que la vérité tournerait plutôt autour de 30 %.

Par Mathilde Bourge

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