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Santé

Maladie d’Alzheimer, le diagnostic précoce est-il utile ou non ?

Le 25/06/2012 à 17:16:08
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Le débat oppose les patients et les médecins : faut-il informer son patient d’un début d’Alzheimer alors qu’aucun traitement n’existe. Le diagnostic précoce est-il ou non une bonne chose ? C’est la question que se pose aujourd’hui le Collège national des généralistes enseignants (CNGE).

Toute vérité est-elle bonne à dire ? Cela aurait pu être un sujet du bac philo mais il n’en est rien. La question concerne les malades de la maladie d’Alzheimer et leur médecin généraliste. Lorsqu’un Alzheimer précoce est détecté par le médecin doit-il en informer immédiatement son patient ? Si les personnes atteintes souhaitent le savoir le plus tôt possible, les médecins sont, eux, majoritairement réticents à ce diagnostique précoce. Le Collège national des généralistes enseignants (CNGE) se positionne contre le diagnostic précoce.

Le diagnostic précoce d’Alzheimer non pertinent selon le CNGE

La Haute autorité de santé avait émis des recommandations afin que les médecins posent un diagnostic précoce de la maladie d’Alzheimer chez les patients souffrant de troubles de la mémoire notamment. Les médecins généralistes s’opposent à cette théorie pour deux raisons.

Tout d’abord une raison pratique est mise en avant : la difficulté du diagnostic. La Haute autorité de santé n’a donné aucune indication aux médecins quant à ce diagnostic précoce, laissant les généralistes dans le flou. Le président du CNGE, le Professeur Pierre-Louis Druais, estime que ce manque de directive pourrait conduire à des examens lourds pour un patient.De plus il reste difficile de savoir à un stade peu avancé, si le patient est atteint d’Alzheimer ou d’une autre démence.

Ensuite les généralistes mettent en avant l’absence de traitement de cette maladie. Informer les patients à un stade précoce risque d’occasionner un stress et d’aggraver la situation plutôt que d’aider le patient. En effet aucun traitement n’a encore fait ses preuves pour soigner la maladie d’Alzheimer.

Le diagnostic précoce largement plébiscité par les malades d’Alzheimer

Les malades mais aussi leur famille et même l’association France Alzheimer critiquent cette position du CGNE. Pour eux, pas question pour les médecins de ne pas informer les patients de leur état. Tout personne atteinte d’une maladie a le droit de savoir ce qu’elle a, elle doit pouvoir mettre un nom sur ses symptômes. C’est une étape qui reste importante pour la guérison.

De plus, si les traitements ne sont pas pleinement efficaces, ils ne sont pas nuls non plus. Ils peuvent stabiliser voire ralentir la progression de la maladie, certes pas de manière définitive mais c’est déjà un bon début. De plus en plus des méthodes non médicamenteuses apparaissent pour enrayer le développement d’Alzheimer : cours d’orthophonie, activités mobilisant la mémoire etc. Tant que le patient n’est pas diagnostiqué ce sont autant d’activités dont il ne peut bénéficier.Le diagnostic précoce permettrait une bien meilleure prise en charge des malades.

Le droit de savoir des patients contre le droit de s’abstenir en cas de doute des médecins mais un seul but : faire que le patient vive le mieux possible sa maladie d’Alzheimer. La CGNE demande à la Haute autorité de santé de mener des recherches sur l’intérêt du diagnostic précoce. Ils veulent être certains que d’annoncer à un patient qu’il souffre d’une maladie dont il ne pourra pas être soulagé est bien pertinent et non contraire à l’éthique.

Par Anne-Ségolène Brun

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