Médicaments : déjouer les pièges du déremboursement
Depuis un mois, elle payait déjà moins. Mais à partir du 1er juillet, pour de nombreux médicaments d'usage courant, la Sécu ne paie plus. Réponse à tout ! vous donne les clés pour continuer à vous soigner à moindre coût.
Cette hésitation devant le linéaire, dans votre grande surface, au moment crucial du choix de la boîte de ravioli, vous allez l'éprouver aussi avant d'acheter vos gélules à la pharmacie... On exagère à peine. Avec les nouveaux calculs de remboursement, vous entrez dans la peau d'un véritable consommateur de molécules. Depuis un mois, le taux de remboursement de 617 médicaments est déjà passé de 65% à 35% pour cause de service médical rendu modéré . A partir du 1er juillet, l'entrée en vigueur du tarif forfaitaire de responsabilité va en pénaliser d'autres tandis qu'une première vague de médicaments à service rendu insuffisantne sera plus du tout remboursée. Et ce n'est qu'un début... Vers une médecine à deux vitesses ? Pas encore : voici comment s'y retrouver et continuer à se soigner au moindre coût.
Qu'est-ce que le service médical rendu (SMR) ?
C'est une sorte de note attribuée aux médicaments pour combler, in fine, le trou de la sécu. En 1999, Martine Aubry demande à la commission de transparence de l'Agence des produits de santé de réexaminer toutes les spécialités remboursées par la Sécurité sociale afin de déterminer, pour chacune d'elle, le service médical rendu. Des groupes de spécialistes ont alors examiné, chacun dans leur domaine, l'efficacité et les effets secondaires de ces 4500 médicaments. Ces derniers ont ensuite été classés selon leur SMR, utile, modéré ou insuffisant. Au terme de cette enquête de deux ans, 835 médicaments ont été jugés comme possédant un SMR insuffisant. Mais le plan Aubry de déremboursement n'a jamais été appliqué, jusqu'à ce que le ministre de la Santé, Jean-François Mattéi, le reprenne à son compte.
C'est le SMR qui détermine le taux de remboursement
Le 20 mai, les molécules à SMR modéré ont été les premières à passer au couperet. Mal expliquée, mal comprise, la mesure a suscité de vives critiques. En gros, on lui reproche de sous-estimer les pathologies banales(mal à l'estomac, allergie ou infection dermatologique sans gravité...), qui ne sont plus remboursées qu'à 35%, contrairement aux maladies graves(hypertension, diabète...), qui restent remboursées à 65%. Plus dure sera la suite : dès le 1er juillet, les médicaments à SMR insuffisant ne seront plus remboursés, d'autres ne le seront plus que sur la base de leur générique.
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