masquer
Hormone

Ménopause : les oestrogènes, mauvais pour le cœur ?

Le 11/06/2012 à 08:36:22
Vues : 20743 fois JE REAGIS

Après le cholestérol, l'obésité ou le tabagisme, un nouveau facteur de risque de maladies cardiovasculaires apparaît chez la femme de plus de 65 ans : les oestrogènes ! Un taux élevé de cette hormone féminine dans le sang pourrait être délétère, contrairement aux idées véhiculées jusqu'à présent.

Alors qu'on leur attribuait un rôle protecteur pour le cœur et les vaisseaux, les oestrogènes seraient, au contraire, un facteur de risque de maladies cardiovasculaires chez la femme ! Des chercheurs de l'Inserm ont démontré qu'un taux élevé de ces hormones féminines, après l'âge de 65 ans, augmentait le risque de crise cardiaque ou d'attaque cérébrale. Leur étude, menée pendant quatre ans chez 6 000 femmes ménopausées, a été publiée vendredi dans le Journal of American Heart Association.

Ménopause : stop aux compléments hormonaux

Les oestrogènes sont des hormones clés chez la femme, qui participent au développement des organes sexuels et à la reproduction. Produites naturellement par l'organisme, elles présentent des taux sanguins particulièrement élevés tout au long de la période « fertile » (15-45 ans). A la ménopause, lorsque les ovaires cessent de fonctionner, le taux d'oestrogènes dans le sang chute considérablement.

Les femmes ont toujours été moins sujettes aux infarctus et aux AVC que les hommes, en particulier avant la ménopause. Jusqu'alors, on attribuait cette relative immunité à la production d'oestrogènes. Pour cette raison, on a souvent administré des compléments hormonaux aux femmes ménopausées pour continuer à les protéger contre ce risque cardiovasculaire. Or, de récents travaux ont prouvé que ces traitements hormonaux ne permet pas de prévenir les maladies artérielles. Pire, ils pourraient avoir un effet délétère !

Les oestrogènes, nouveau facteur de risque

Pour les chercheurs de l'Inserm, un taux élevé d'oestrogènes dans le sang, après l'âge de 65 ans, est « un nouveau facteur de risque » de maladies cardiovasculaires, au même titre que l'obésité, l'hypercholestéromie, l'hypertension ou le tabagisme. Il se pourrait donc qu'on demande un jour aux femmes ménopausées de contrôler leur taux d'oetrogènes, comme on leur conseille de surveiller leur taux de cholestérol, par exemple... En attendant, d'autres recherches vont être effectuées pour « confirmer cet effet délétère et établir si ces résultats sont généralisables aux femmes ménopausées plus jeunes ».

Par Julie Toury

Top articles
Réagir à cet article

Par anonyme | Me connecter




générer une nouvelle image