Monsanto jugé responsable de l’intoxication à l’herbicide d’un agriculteur français
Le TGI de Lyon a reconnu ce lundi la responsabilité de Monsanto, leader mondial de l’agrochimie, dans l’intoxication d’un agriculteur français au Lasso, un herbicide interdit depuis 2007. Incapable de travailler depuis l’incident survenu en 2004, la multinationale devra entièrement l’indemniser de son préjudice.
Un agriculteur qui s’attaque à Monsanto, le leader mondial de l’agrochimie, c’est en quelque sorte une version moderne de David contre Goliath. Et pourtant, au terme d’une longue procédure judiciaire, c’est bien Paul François, un céréalier charentais de 47 ans, qui l’a emporté, réussissant à faire reconnaître Monsanto comme « responsable » de son intoxication au Lasso, un désherbant interdit aujourd'hui, devant le Tribunal de grande instance de Lyon ce lundi. La multinationale américaine devra ainsi indemniser l’intégralité de son préjudice. Une première en France.
Tout a commencé en avril 2004 quand Paul François, qui travaillait sur ses 240 hectares de culture céréalière, a ouvert la cuve d’un pulvérisateur de désherbant. En quelques secondes, il s’est retrouvé aspergé d’un solvant présent dans la composition du Lasso, le monochlorobenzène. Du jour au lendemain, sa santé se détériore : nausées, bégaiements, vertiges, troubles musculaires… L’agriculteur devient incapable de travailler, intoxiqué par l’herbicide de Monsanto. En 2007, il remporte son premier combat judicaire en faisant reconnaître par la Mutualité sociale agricole ses troubles comme maladie professionnelle.
La dangerosité du Lasso était connue depuis les années 80
Dans son élan, il décide de faire reconnaître en justice la responsabilité civile de Monsanto dans cette affaire, et avec succès. A l’ouverture du procès au TGI de Lyon le 12 décembre 2011, son avocat, Me François Lafforgue, avait reproché à Monsanto d’avoir « tout fait pour laisser le Lasso sur le marché » alors que sa dangerosité était connue depuis les années 1980. Il n’a finalement été retiré qu’en 2007. L’avocat pointait aussi du doigt l’absence d’avertissements des risques que pouvaient entrainer l’utilisation du produit sur l’étiquette. Sa composition n’était même pas indiquée.
Du côté de Monsanto, on se défend comme on peut : les effets secondaires seraient ainsi apparus longtemps après l’inhalation du solvant et le lien de cause à effet ne serait pas prouvé.
Intoxication d’un agriculteur au Lasso : Monsanto va faire appel
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