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Polémique

Salles de shoot : qui est pour, qui est contre ?

Le 29/08/2012 à 18:19:13
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Dans une interview au Parisien, Jean-Marie Le Guen, député socialiste, demande au gouvernement d'envisager l'ouverture de salles de shoot. Une idée qui déplaît fortement à l'UMP et au FN.

Selon les propos du député socialiste et adjoint au maire de Paris, Jean-Marie Le Guen, " François Hollande avait fait part pendant la campagne présidentielle de son intérêt " pour expérimenter les " salles de shoot ".

" Aujourd’hui, il y a urgence " , martèle Jean-Marie Le Guen, qui souhaite donc expérimenter ces salles d’injection de drogue, où la consommation serait " très encadrée ". Pour défendre son projet, le député socialiste s’explique dans une interview consacrée au Parisien. " La consommation d’héroïne augmente à Paris. Le nombre de seringues utilisées dans les distributeurs automatiques progresse de 7 % au premier semestre 2012 par rapport à la même époque en 2011 et les personnels des associations trouvent davantage de seringues dans les rues ", s’inquiète-t-il.

Alors que certains pays, comme l’Allemagne, l’Espagne, la Norvège, les Pays-Bas ou encore le Luxembourg autorisent déjà ces salles de shoot, en France, l’idée surprend, car elle est encore peu connue.

En fait, ces salles d’injection serviraient principalement à limiter les transmissions de maladies infectieuses, comme le sida ou l’hépatite C, qui touchent presque 60 % des consommateurs de drogue, grâce à la distribution de seringues stériles. Car c’est là que réside le problème, au-delà de la drogue pure : la plupart des toxicomanes s’injectent leurs produits à l’aide d’ustensiles ayant déjà servis, ne garantissant donc aucune mesure d’hygiène.

Dans les pays européens où l’expérience est déjà en cours, les résultats sont probants, puisqu’en plus du recul de la transmission de ce type de maladies, l’usage de la drogue dans les lieux publics est également en net régression dans les quartiers où ces salles de shoot sont implantées.

Mais comme pour tout, certains aspects négatifs ont pointé le bout de leur nez. Premièrement, les toxicomanes, aujourd’hui habitués de ces salles d’injection, reculent leur entrée en cure de désintoxication, puisqu’ils ressentent un certain confort à se rendre dans ces centres. Deuxièmement, des petits réseaux de trafic de drogues s’installent ponctuellement autour de ces salles. Un sujet qui est donc très délicat, et qui n'a pas manqué d'attiser de nombreuses réactions.

Mais qu’en pensent les autres partis ?

L’UMP s’est très rapidement prononcée sur le sujet ce mercredi 29 août. Le parti a vivement exprimé son hostilité à l’ouverture de salle de shoot, via un communiqué de Camille Bedin, secrétaire nationale du parti. "Ouvrir des salles de consommation de drogues, ce n'est pas lutter contre le fléau de la drogue, c'est banaliser l'usage et c'est légaliser la consommation des drogues les plus dures et cela aux frais des contribuables !" s’indigne-t-elle. "Le rôle de l'État est avant tout de protéger et d'aider les plus fragiles à sortir du piège des toxicomanies et non de les y enfermer", poursuit-elle.

Elle n’est pas le seul membre de l’UMP à avoir réagi, puisque les députés François Lamour et Philippe Goujon ont également exprimé leur point de vue, dans un second communiqué. " La priorité nationale est de prévenir et réduire la consommation, non de l'encadrer. Il n'existe actuellement aucun lien automatique démontré entre la fin de la prohibition et la fin des trafics. Le signal envoyé aux jeunes, à leurs familles ainsi qu'à tous ceux qui, sur le terrain veulent aider les toxicomanes à lutter contre leurs addictions, serait absolument négatif".

Le FN, sans surprise, n’est pas davantage emballé par l’idée de Jean-Marie Le Guen. Le vice-président du parti, Florian Philippot, a d’ailleurs qualifié l’idée de " délirante " et " irresponsable " , et a appelé le gouvernement à " rapidement écarter " cette demande. " Elle constituerait une brèche dans le bannissement de la consommation de la drogue dans notre pays, alors que ses ravages sont plus importants que jamais selon les experts", a-t-il défendu. Il rappelle également que selon le FN, la seule façon de réduire le nombre de consommateurs de drogues dures, est de frapper " durement les trafiquants " et de sanctionner les consommateurs.

Par Mathilde Bourge

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