masquer
Santé

Toc : ils frappent aussi les enfants

Le 31/08/2009 à 00:00:00
Vues : 220 fois JE REAGIS

Léa compte tous les soirs ses peluches puis les embrasse une à une. Quant à Kevin, il ne supporte pas la vue d'une trace sur son verre. Pourquoi ces rituels ? Et si ces enfants souffraient de troubles obsessionnels compulsifs ?

Votre enfant a des petites manies ? Pas de panique ! Les manies sont des signes de bonne santé, car l'enfant utilise sa pensée pour maîtriser des situations de stress. Le risque est qu'ils se transforment en troubles obsessionnels compulsifs (TOC) beaucoup plus envahissants. Ces pathologies sont directement liées à l'anxiété. Des pensées troublantes reviennent sans cesse et contraignent l'enfant à se livrer à des rituels particuliers pour les chasser ou les empêcher de survenir. Sous leur forme complète, elles apparaissent entre 10 et 14 ans.

Des origines mystérieuses

Les causes des TOC seraient liées à des facteurs génétiques, neuro-chimiques, neurophysiologiques et immunitaires. Depuis plusieurs dizaines d'années, les pistes neuro-biologiques ont conforté l'idée d'un dysfonctionnement au niveau de certains neurotransmetteurs du cerveau, notamment la sérotonine. Il est aujourd'hui acquis que le TOC est une maladie familiale. Les facteurs génétiques ne sont, quant à eux, pas encore totalement élucidés et interagissent avec des facteurs extérieurs (comme le stress, le deuil ou certains traumatismes) dans le développement de la maladie.

Comment les déceler ?

L'enfant a souvent peur d'en parler. Il a peur qu'on le prenne pour un fou. Il est plus renfermé, plus nerveux et passe beaucoup de temps dans sa chambre. En fait, le comportement obsessionnel est souvent invisible pour les parents sauf s'il concerne des rituels comme le lavage excessif ou la façon de marcher. Les parents confondent alors ces rituels avec des jeux mais ils s'aperçoivent vite qu'ils s'accompagnent de colère ou de nervosité. Difficile à repérer, le véritable TOC prend du temps à l'enfant (plus d'une heure par jour) et provoque souvent une chute des résultats scolaires. À l'école, il vérifie continuellement ce qu'il fait ou il a besoin de répéter plusieurs fois ce qu'il écrit. De nombreux enfants intelligents se retrouvent ainsi en situation d'échec scolaire soit parce que leur TOC ne leur laisse pas le temps de tout faire, soit parce que leurs rituels du soir empiètent sur leur sommeil. La peur de se salir peut également entraîner des comportements particuliers. Certains enfants, par exemple, ne veulent pas transpirer et éviteront à tout prix les cours d'éducation physique.

Un dépistage précoce indispensable

Il est primordial de détecter les TOC le plus tôt possible afin de limiter l'échec scolaire ou les difficultés relationnelles. Les traitements sont les mêmes que chez l'adulte. Ils reposent sur une thérapie comportementale et cognitive associée à la prise de médicaments spécifiques. Ces traitements sont efficaces mais les parents doivent faire preuve de patience. L'amélioration n'est en effet visible qu'au bout de 4 à 6 semaines. Après le traitement, les enfants restent néanmoins plus sensibles que les autres. Enfin, que les parents se rassurent, qu'ils soient trop laxistes ou trop rigides, les TOC ne sont absolument pas liés à l'éducation ! A lire - « Troubles bipolaires, obsessions et compulsions », Dr Elie Hantouche, Éditions Odile Jacob.
- « Les TOC de l'enfant et de l'adolescent », Dr Michel Botbol, Éditions Solar.
- « Les TOC », Frédéric Chapelle, Éditions Milan.
- AFTOC (Association française de personnes souffrant de troubles obsessionnels compulsifs), 12, route de Versailles - 78117 Châteaufort 01 39 56 67 22.

Par La rédaction

Réagir à cet article

Par anonyme | Me connecter




générer une nouvelle image