Préparez votre retraite en réduisant vos impôts

Le PERP permet d’épargner pour votre retraite et de réduire vos impôts. Une carotte fiscale qui pourrait vous intéresser, mais qui a aussi ses revers.


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Préparez votre retraite en réduisant vos impôts ©ShutterStock

Les sondages sur les retraites montrent que les Français perdent progressivement confiance dans la capacité de l’économie française à préserver notre système en l’état. Seul un Français sur sept pense que les pensions vont rester à leur niveau actuel. Face à des mesures prises à contretemps par les politiques pour sauver nos retraites, de plus en plus d’employés ne se contentent plus de s’inquiéter. Ils sont passés des paroles aux actes. 57% des Français épargnent en vue de leurs vieux jours. En bondissant de dix points en cinq ans, cette proportion met en lumière une inquiétude grandissante des Français (Étude Odaxa – 2015). La Cour des comptes tire elle aussi la sonnette d’alarme sur nos retraites. Mieux vaut donc connaître tous les dispositifs pour épargner pour ses vieux jours. Créé par la loi Fillon du 21 août 2003, le PERP, Plan d’Épargne retraite populaire, est l’un d’entre eux. Voici son fonctionnement, ses avantages et aussi ses défauts.

Qu’est-ce que le PERP ?

Dans les grandes lignes, le PERP ressemble à un produit d’épargne retraite idyllique. Il s’ouvre dans les banques, les compagnies d’assurance ou les mutuelles. Il permet d’épargner à son rythme en vue de ses vieux jours, avec des versements programmés ou libres. Les sommes versées donnent droit à une réduction d’impôts. En contrepartie, elles sont bloquées sur le compte jusqu’à l’âge légal
 de la retraite. Une fois la phase d’épargne terminée, le capital constitué est reversé pendant la retraite sous forme d’une rente viagère (un complément de retraite mensuel
 ou trimestriel versé jusqu’au décès du bénéficiaire). Son montant dépendra du capital accumulé sur votre PERP.

Un cadre fiscal attractif

Le principal atout du PERP est sa capacité à faire baisser vos impôts. Les sommes versées chaque année sont déductibles. Si vos revenus sont supérieurs au Plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS) (37548 euros en 2015), vous pourrez déduire vos versements dans la limite d’un plafond correspondant à 10% de vos revenus professionnels, une déduction plafonnée à 30 038 euros. Si vos revenus sont inférieurs au PASS, vous pourrez déduire 3 755 euros. Si le plafond annuel n’est pas atteint, le montant non utilisé est reportable sur les trois années suivantes. Nous attirons votre attention sur un point sur lequel les conseillers bancaires et les assureurs insistent peu : un PERP ne fait pas miraculeusement disparaître l’imposition, il ne fait que la décaler dans le temps. À la retraite, les rentes du PERP seront imposables au titre des pensions et retraite.

Au global, vous obtiendrez tout de même une économie d’impôts car le montant de votre pension de retraite sera a priori moins élevé que votre salaire. Votre taux marginal d’imposition devrait donc baisser. Retenez que plus vos revenus diminueront au moment de la retraite, plus l’économie d’impôts obtenue grâce au PERP sera importante.

Le PERP passé à la loupe

En se penchant de plus près sur le fonctionnement d’un PERP, on découvre des options de sortie et des garanties trop nombreuses, ce qui le rend compliqué. Pour un particulier, estimer précisément les gains réalisables avec un PERP est très difficile. Enfin, pour obtenir une bonne rentabilité, il faudra réussir à opter pour les meilleurs placements proposés par l’établissement financier. En résumé, contrairement à un contrat d’assurance-vie dans une banque en ligne, le PERP n’est pas un bon plan à saisir les yeux fermés.

Débloquer un PERP avant la retraite

Ne placez pas toutes vos économies sur un PERP car il est très loin d’offrir la souplesse d’une assurance-vie. Sauf gros coup dur, il est impossible de récupérer son épargne avant l’âge de la retraite. Seuls cinq cas de sortie anticipée sont prévus : invalidité, décès de l’époux ou du partenaire de PACS, expiration de droits aux allocations chômage, surendettement et cessation d’activité non salariée de l’assuré à la suite d’un jugement de liquidation judiciaire. En cas de décès, pour ne pas perdre les sommes versées 
sur un PERP ou pour transmettre sa rente à un bénéficiaire, il faudra avoir souscrit aux garanties proposées par l’établissement financier. Cas particulier intéressant, tout l’argent d’un PERP peut être utilisé à l’âge de la retraite pour acheter une première résidence principale.

Choisissez bien votre contrat

Tous les PERP ne se valent pas. Les rendements de 
leurs fonds en euros diffèrent de façon importante. 
Les établissements financiers n’offrent pas tous les mêmes supports d’investissement ni les mêmes garanties. Les frais de gestion ou d’entrée seront plus ou moins élevés (négociez ces derniers). Bref, comparez les offres ! 
Le PERP n’est donc pas aussi idyllique qu’on pourrait 
le penser au premier abord et pour savoir s’il convient à votre situation, consultez plusieurs offres disponibles sur 
le marché, en ligne et en prenant rendez-vous avec votre assureur, votre banquier et votre mutuelle.

Lire aussi : Psycho : les clés d’une retraite réussie

Florent Gaillard