Politiques : phrases chocs, beaux discours... Mais qui leur a soufflé ?
Faute de temps ou de talent, beaucoup d’hommes politiques sous-traitent en secret la rédaction de leurs discours à de fidèles conseillers. Qui sont ces « plumes » ?
Chez les politiques, discourir est un art chronophage impératif à déléguer. De l’inauguration d’un monument à l’annonce des mauvais chiffres du chômage, les occasions de monter à la tribune ne manquent pas ! Reste que les mots qui sortent de la bouche du député, du ministre ou du candidat à la présidentielle ont, dans la plupart des cas, germé dans le cerveau de conseillers qui mettent leur prose au service de la cause politique par militantisme ou appât du gain.
Cette profession a toujours existé : César, lui-même, ne rédigeait pas une ligne de ses discours. Et la pratique continue de prospérer dans notre démocratie où le poids des mots peut faire basculer une élection.
« Elu socialiste de l’Ouest de la France recherche excellente plume et producteur permanent d’idées et d’actions nouvelles. Diplômé de l’Ecole normale supérieure ou de Science-Po, le candidat possède une solide culture littéraire, historique et est doué d’un grand sens politique. » Cette annonce parue sur Parisjob.fr en 2008 fait figure d’exception. Rares sont les politiques qui recrutent aussi ouvertement leurs plumes.
Payées entre 5 000 et 6 000 € par mois, elles doivent se plier aux exigences de leur patron. Alors Premier ministre, Dominique de Villepin donnait cette consigne insolite à ses jeunes plumes : « Rédigez-moi des notes de synthèse claires comme des calligrammes d’Apollinaire ! » Balladur, lui, était un peu moins poète : « Faites chiant ! » La demande de Chirac, elle, était simple, mais claire : « Faites-moi un bon discours, un grand discours qui fasse date. »
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