Prix de l’eau : sommes-nous victimes d’arnaque ?

Bruxelles soupçonne les trois distributeurs de l'eau en France de s'être entendus sur les prix avant de répondre aux appels d'offres des collectivités locales. Une enquête va être ouverte.

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robinet ©ThinkStock

La Commission européenne a annoncé hier l’ouverture d’une enquête sur une éventuelle entente entre les trois groupes chargés de distribuer l’eau en France, Suez Environnement, Veolia et Saur. Ces compagnies sont suspectées de s’être consultées, notamment au sujet du prix de l’eau proposé aux consommateurs, avant de répondre aux appels d’offres des collectivités locales. Une pratique contraire aux lois européennes. En effet, l’article 101 du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) interdit « les accords susceptibles d’influer sur le commerce et d’empêcher ou de restreindre la concurrence ».

Des suspicions dès 2010

La procédure engagée par Bruxelles fait suite à des inspections surprises, menées en avril 2010 au sein de ces entreprises. Ces contrôles avaient laissé croire qu’elles « pourraient notamment avoir imposé des prix de l’eau et de l’assainissement inéquitables aux collectivités locales ». Aujourd’hui, la Commission cherche principalement à savoir si elles se sont entendues sur  » des éléments du prix facturé au consommateur final ».

Face aux accusations, seul Suez Envrionnement a bien souhaité réagir publiquement. « On reste à la disposition de la Commission et des enquêteurs. Nous sommes sereins sur la réalité de la concurrence en France », a déclaré une porte-parole.

JT