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Prothèses PIP
Le scandale des prothèses PIP DOSSIER
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Santé

Prothèses PIP : l’Afssaps alertée dès 2008

Le 05/01/2012 à 18:17:45
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Il y a trois ans, un chirurgien marseillais avait signalé à l’Agence du médicament des cas anormaux de rupture des prothèses mammaires PIP. Ses courriers sont restés sans réponse.

Il y a trois ans, Christian Marinetti a tout fait pour alerter les pouvoirs publics. Ce chirurgien marseillais, cité par Le Figaro, constate des ruptures de prothèses anormales chez plusieurs patientes. « J'ai eu une première rupture précoce de PIP fin 2007. J'ai immédiatement prévenu l'Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé). J'en ai eu une deuxième en février 2008 », raconte le patron de la clinique Phénicia, où exercent quinze chirurgiens. Dans un même temps, il en informe l’entreprise Poly Implant Prothèse (PIP), laquelle ne lui fait aucun retour… Dès février, le médecin arrête d’utiliser les prothèses de la marque et lui renvoie son stock.

Entre 2008 et 2009, le Dr Marinetti fait état de réactions anormales (ganglions enflés, inflammations) aux ruptures de prothèses chez quatorze de ses patientes. Mails, lettre au directeur, courrier recommandé… il tente par tous les moyens d’en alerter l’Afssaps. Ce n’est qu’en février 2010 que celle-ci réagit enfin.

En effet, les autorités sanitaires inspectent la société varoise en mars. Un contrôle qui aboutira à la suspension de la commercialisation des produits PIP et à la liquidation de l’entreprise.

Des cas suspects dès les années 90

Dès les années 90 déjà, plusieurs médecins se montraient méfiants envers les produits PIP. Le Dr Nathalie Bricourt, chirurgien plasticien à Paris, citée par le Nouvel Observateur, se souvient : « ils avaient mis au point un hydrogel défectueux qui devenait liquide comme de l’eau salée à partir de 37 degrés. L’implant se fissurait et le sein doublait de volume. Je n’avais pas confiance ».

En 2008, la Cour d’appel d’Aix-en-Provence condamne l’entreprise de Jean-Claude Mas après la plainte d’une patiente victime de quatre ruptures successives d’implants au sérum physiologique. A chaque « incident », PIP fait en sorte d’éviter les signalements à l’Afssaps en proposant des dédommagements à la patiente et des avantages au chirurgien.

Aujourd’hui, 30 000 femmes porteuses de prothèses PIP en France sont invitées à se faire retirer d’urgence leurs implants. Mais « il y a déjà huit mois d'attente », indique le Dr Marinetti.

Par JT

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