Purple drank : alerte sur ce cocktail « défonce »

Composé de sirops à base de codéine, de prométhazine et de soda, ce cocktail appelé le « purple drank » séduit de plus en plus d’adolescents. Malgré les appels à la vigilance répétés, l’ANSM tire à nouveau la sonnette d’alarme.

0
923
« Purple drank » : ce cocktail à base de sirop contre le toux qui inquiète ©ShutterStock

Le « purple drank » est une boisson de couleur violette qui a émergé dans les années 1990 aux États-Unis. Sa recette est simple mais explosive : des sirops à base codéine (contre la toux), de prométhazine (un antihistaminique indiqué dans le traitement symptomatique des manifestations allergiques). Le tout mélangé avec du soda. Et ces ingrédients ne sont pas compliqués à trouver puisqu’ils sont souvent délivrés sans ordonnance en pharmacie, donc faciles d’accès. Utilisé à des fins « récréatives » ou de « défonce », ce cocktail séduit de plus en plus d’adolescents et de jeunes adultes français pour ses effets euphorisants, relaxants, voire hallucinogènes.

Un phénomène qui pousse l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) à tirer la sonnette d’alarme. L’année dernière, l’Ordre national des pharmaciens avait fait de même. « Alors que les premiers signalements ont été rapportés au réseau d’addictovigilance de l’ANSM en 2013, une nette augmentation a été constatée depuis lors, rapporte l’autorité. Il s’agit de demandes de délivrance suspectes rapportées par des pharmaciens d’officine mais aussi de case de dépendance ou d’abus ayant pu conduire à une hospitalisation ».

Crises convulsives, troubles du comportement…

Les effets du « purple drank » ne sont  pas sans danger pour la santé. Les symptômes décrits comprennent des troubles de la vigilance (somnolence) et du comportement (agitation, syndrome confusionnel ou délirant) ainsi que des crises convulsives généralisées. En 2015, entre janvier et août, 18 signalements d’abus et mésusages ont été répertoriés dans les centres, rapporte Pourquoi Docteur.

Ainsi, « compte tenu de l’augmentation rapide et de la persistance des signalements de l’usage détourné de ces médicaments par une population particulièrement vulnérable », l’ASNSM a décidé de diffuser « une mise en garde » à destination des médecins, pharmaciens, pédiatres, des professionnels de santé exerçant dans les établissements scolaires, mais aussi auprès des associations spécialisées dans la prévention d’usage de drogues et de prise en charge pour les jeunes. Elle leur recommande d’être vigilants face à une demande ou une attitude suspecte, « en particulier si elle émane de jeune adultes ou d’adolescents », car cette consommation peut également « être une porte d’entrée dans l’addiction ».

Lire aussi : Alerte aux appareils dentaires « faits maison » !

Justine Dupuy