A quand le code des trottoirs?
Dans Societe > Actu
Publié le : 14 décembre 2007
Dernière mise à jour : 13 mai 2009
Les trottoirs bondés, on connait tous. Pour se croiser sans s'énerver, il suffit d'un peu de civisme et de quelques conseils...
Une partie du code de la route est consacrée aux piétons qui traversent, par exemple, en dehors des clous. C'est tout et c'est trop peu. Pour combler cette lacune, voici 10 commandements à l'usage des bipèdes.
- Avis aux cyclistes
Chers amis cyclistes urbains, vous oubliez un peu vite qu'il y a peu, vous étiez soit automobilistes, soit piétons. Aujourd'hui, sur deux roues, vous croyez posséder le meilleur des deux mondes, pouvoir brûler les feux rouges et emprunter les trottoirs des rues à sens unique.
Ce faisant, vous devenez à votre tour un stress pour les voitures et un prédateur de piéton.
Alors les vélos, s'il vous plaît, respect du code de la route! Ne vous mettez pas en danger gratuitement: empruntez les pistes qui vous sont réservées et laissez la chaussée aux voitures. S'il n'y a pas de pistes cyclables ad hoc, écrivez à la mairie plutôt que de klaxonner ces pauvres piétons.
- À droite tu marcheras
Afin d'éviter les collisions (personne ne voulant céder la place à l'autre) ou les confrontations façon miroir (un pas à droite, un pas à gauche, et toujours face à face) le marchage à droite pourrait être imposé. Au moins, comme dans les patinoires, les flots avalants et remontants seront à peu près canalisés.
Pour doubler, par la gauche bien sûr, un peu de courtoisie suffira.
- Les troupeaux de poussettes tu éviteras.
La causette, c'est agréable et ça cimente la vie de quartier.
Controverse à propos d'une nouvelle prof de maths, du magasin de déco très camelote ou de l'état de santé du marchand de journaux, tous les sujets sont abordés à ciel ouvert, entre connaissances du pâté de maisons.
Pas question de réprimer tout rassemblement sur la voie publique, mais un grain de bon sens permettrait de se ranger de manière à laisser le passage à ceux qui n'ont pas d'avis sur la nouvelle coupe de cheveux de Josette Michu...
Sachant qu'une poussette ou un sac à roulettes prend la place d'une, voire deux personnes, on fait comme à l'armée, tout au carré !
- Ton parapluie tu piloteras
Si un petit coin de parapluie est un petit coin de paradis, une baleine dans l'oeil, c'est l'enfer sous la flotte.
Mesdames, messieurs, nous ne sommes pas tous égaux en taille (hauteur sous la toise et circonférence du pébroque). Il faut apprendre le geste qui sauve la cornée des passants. Un petit regard panoramique suffit, et selon les cas rencontrés, deux mouvements gracieux vous vaudront la considération des autres.
Soit on incline légèrement le parapluie sur le côté, soit on le hisse à bout de bras de manière à surplomber toutes les têtes.
- La chaîne humaine tu garderas pour les bonnes causes
Quand on est amoureux, on ne veut pas se lâcher, on reste enlacés, c'est beau...
Mais l'empâtement au sol urbain n'est pas rien. Ne parlons pas des chouettes bandes de copines qui, moins serrées que des sardines, gloussent par banc de quatre et semblent ne pas avoir remarqué qu'il y avait sur terre 6 milliards et quelques d'autres humains, dont deux derrière qui voudraient attraper le bus de 18 h 38.
- A la terrasse d'un café ta conférence tu feras.
Super, cette journée de séminaires sur les fusions-acquisitions ou la titrisation. Est-ce vraiment une raison pour rester devant l'immeuble pour finaliser la 3e mi-temps?
Il y a des tas de brasseries, de petits ou grands cafés où il fera bon mettre un point final, thèse, antithèse, synthèse, à ces journées riches d'enseignement. Parce que les congrès de costumes/cravates et tailleurs/carrés de soie au coin de la rue, ce n'est confortable pour personne.
- Ton chien tu maîtriseras
Maudit soit celui qui a inventé la laisse à ressort. Pour peu que le maître soit un poil distrait, l'ami canin vadrouille à l'autre bout du trottoir. A moins d'avoir la chance de tomber sur deux laisses en parallèle pour jouer à l'élastique comme dans la cour de l'école, il faut enjamber le machin, sachant que le maître peut appuyer inopinément sur le bouton retour arrière. Auquel cas, on se retrouve avec un caniche paniqué entre les escarpins.
Sans parler des bêtises intestinales que peut faire le toutou dans son coin...
- Piéton, tu pietonneras
Piétons, comme son nom l'indique signifie à pieds. Donc même chaussé des super runners à bulle d'air et semelle orthopédique, on ne court pas, on ne se monte pas sur roulettes, on ne joue pas au foot, ni au badminton.
- Les déjeuners en terrasse tu respecteras
C'est assez tentant, surtout si ce sont des pommes Pont-Neuf.
Mais non, cent fois non, on ne mange pas dans l'assiette des autres, surtout si on ne leur a pas été présentés.
On ne s'arrête pas non plus pour commenter le repas des malheureux qui ont pensé qu'«aller déjeuner en terrasse dans la bonne odeur de CO2, ce serait tellement sympathique».
- Tu ne bousculeras pas
On est pressé, on mène une vie de fou, il faut attraper le bus de 18 h 38 alors que quatre pépètes gambadent devant avec un lecteur MP3 pour deux. Mais pas question d'avoir recours aux techniques en vigueur dans l'ovalie.
Un «pardon, siouplaît, merci» quitte à tapoter l'épaule de celle qui a le moins de son dans les oreilles vaut mieux pour les nerfs de tout le monde que le passage en force avec écrasage d'arpions et côtes froissées.
Les voitures mal garées tu embêteras?
Non, c'est une blague, mais ce droit devrait exister. Chaque piéton serait en droit de recevoir de la mairie des autocollants façon interdiction de stationner à apposer sur le pare-brise des conducteurs qui se croient tout permis.