Quelques règles de base pour voisiner zen

On ne choisit pas ses voisins: on vit avec. Et comme on partage souvent au moins une cloison, un palier ou un bout de terrain, les sources de conflits ne manquent pas. Quoi qu'il arrive, pour conserver des relations harmonieuses, tentez de calmer le jeu!

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voisins ©ThinkStock

C’est devenu un rendez-vous populaire et médiatique: la Fête des voisins, célébrée chaque année depuis plus de 10 ans, à la fin du mois de mai. &Ccedila se passe le plus souvent en ville, dans la cour ou dans la rue, dans une convivialité qui se veut bon enfant. «Plus l’habitat est dense et moins on voisine spontanément», constate Yves Grafmeyer, professeur émérite de sociologie à l’université de Lyon II. Le reste de l’année, on peut se contenter d’un bonjour/bonsoir ou aller plus loin dans une bonne relation de voisinage : 74% des Français ont déjà invité ou ont été invités par des voisins. «Certains ménages aspirent à des relations minimales, d’autres recherchent un maximum de contacts», explique David Lepoutre, professeur de sociologie à l’université de Paris-Ouest. Parmi les plus de 60 ans, 30% comptent en premier lieu sur leurs voisins en cas de coup dur.

Copains comme voisins?

Mais attention, car à trop voisiner, on multiplie les sources de conflits. «Le bruit est la source de conflits majeure. Les usages des parties communes aussi», poursuit David Lepoutre. Pour que les troubles de voisinage soient pris en compte sur le plan juridique, ils doivent pouvoir être qualifiés d’«anormaux». Dans le cas du bruit par exemple, ce sont «sa durée, sa répétition ou son intensité» qui doivent porter atteinte à la tranquillité du voisinage ou à sa santé. Reste à savoir comment réagir devant un voisin qui met la sono à fond dès 8 heures du matin ou un autre qui squatte impunément les parties communes. Alors, où que l’on vive, il est toujours bon de savoir ce que dit la loi d’abord et de connaître ensuite les recours. Même si le mieux, c’est toujours de régler ses problèmes à l’amiable!

Essayez de calmer le jeu

  1. Expliquez-lui poliment que son activité ou son comportement vous gène.
  2. Envoyez-lui une lettre (simple) rappelant la règlementation.
  3. Adressez-lui un recommandé, avec copie au maire ou au syndic, en indiquant qu’après un certain délai, vous entamerez une démarche administrative ou judiciaire.
  4. Faites constater le trouble par un agent du service des nuisances (action sanitaire ou de l’hygiène) de la préfecture, ou par un huissier (si vous voulez entamer une procédure judiciaire). Comptez 200€ pour un constat d’huissier de jour et le double, la nuit. Les tarifs sont très variables.
  5. Faites appel à la médiation d’un tiers: syndic, maire ou conciliateur de justice qui assure des permanences dans les mairies, les maisons de justice ou au tribunal d’instance.
  6. Contactez le tribunal une fois tous ces recours épuisés et les preuves accumulées. Selon le trouble, adressez-vous aux juridictions pénales, administratives ou civiles. La maison de justice et du droit vous aiguillera.<
    vosdroits.service-public.fr/F1847.xhtml
Agnès Cerbelaud, Benjamin Cherrière, Alexandra Da Rocha, Katy Le Moël