Quels écarts de prix entre Paris et la province ?

Selon une étude publiée par l’Insee ce jeudi 14 avril, les prix en région parisienne dépassent de 9% ceux de la province.

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La vie parisienne plus chère qu’en province ©ShutterStock

Les prix appliqués en France ne sont pas homogènes sur tout le territoire. C’est la conclusion d’une enquête menée par l’Insee, l’Institut national de la statistique et des études économiques. Dans un rapport publié ce jeudi 14 avril sur son site Internet, l’institut expose les écarts de prix entre la région parisienne et la province, des écarts notés notamment au niveau des services de santé, de loisirs et d’hébergement. D’après les résultats présentés, il ne fait pas bon vivre à Paris. Une différence de 9% est enregistrée et qui est liée en partie au coût du foncier.

Loyers : presque 2 fois plus chers à Paris qu’en province

S’il y a un écart important qui doit être souligné (et ce n’est un secret pour personne), ce sont bien les dépenses relatives au logement (loyers, eau, entretien, gaz, électricité et autres combustibles) car elles représentent un tiers des différences globales entre la région parisienne et la province. C’est environ 14,1% du budget des ménages métropolitains. À titre d’exemple, les loyers sont supérieurs de 48,9% en agglomération parisienne, pour des caractéristiques comparables en termes de surface, de nombre de pièces et de confort, avec la province. De plus, la gestion des ordures ménagères, des services d’assainissement, du petit entretien, de la réparation du logement ou d’autres services liés au logement sont plus onéreux en Ile-de-France. À noter toutefois que les tarifs d’électricité et de gaz sont uniformes sur la métropole.

S’amuser et se soigner coûtent chers à Paris

Des écarts de prix sont marqués pour les services de santé, de loisirs et d’hébergement. En effet, les dépenses liées à la santé sont plus importantes de 6,5% en région parisienne, où les médecins pratiquent fréquemment les dépassements d’honoraires. Concernant les médicaments, l’écart est quasi nul.

Les Franciliens payent plus cher de 6,6% les dépenses liées aux loisirs et la culture, à cause d’une utilisation plus importante des services de réparations des appareils, services de loisirs culturels et sportifs… Si vous habitez dans l’agglomération parisienne, sachez qu’aller chez le coiffeur va vous coûter plus cher de 9,9%. L’impact se poursuit jusque dans les hôtels et autres hébergements où un contraste de 18% est enregistré. Cependant, il est difficile d’apprécier l’impact sur les budgets des deux zones car à Paris, la location des chambres d’hôtels concerne moins les résidents locaux.

La nourriture et les transports moins chers en province

Le fossé s’élargit encore quant il s’agit d’alimentation, de restauration ou encore de transports. Il vous faudra dépenser plus si vous fréquentez souvent par exemple des cafés et des restaurants de la capitale. Ils sont en moyenne 5,4% plus chers, alors que le prix fixé des boissons alcoolisées est presque le même sur tout le territoire.

Le prix des transports est également plus élevé de 6,9% à Paris. Toutefois, le prix est justifié par une fréquence du réseau plus importante. L’offre du service est bien supérieure à celle qu’on retrouve dans les grandes villes de province.

Comptez +9,2% dans votre budget pour habiter en région parisienne

Le salaire est en partie la cause de la différence de prix entre régions. Par exemple, un employé ou un ouvrier est rémunéré 8 à 10% de plus en Ile-de-France qu’en province. La rémunération des services est plus élevée que le coût de production pratiqué localement.

Les modes de vie entre un ménage provincial et un ménage francilien sont également très différents. Si ce dernier venait à déménager en province tout en gardant ses habitudes de consommation, son budget serait moins modifié. Au contraire, il ferait une économie de 7,8% alors qu’un ménage provincial qui s’installe en région parisienne verrait son budget de consommation augmenter de 9,2%.

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Roumaissa BENAHMED