Réforme du baccalauréat : que propose Luc Chatel ?

Le ministre de l’Éducation Luc Chatel a présenté, lundi 12 mars, des mesures visant à réformer le baccalauréat. Moins d’options et d’épreuves facultatives, plus d’importance accordée au contrôle continu… Cinq points-clé sont à retenir.

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Réforme du baccalauréat : que propose Luc Chatel ? ©ThinkStock

Suite à la fraude au bac scientifique, survenue lors de la session 2011, Luc Chatel avait demandé deux rapports aux inspections générales (IGAENR, IGEN, IGF, CGIET) : l’un portait sur la sécurisation et, l’autre, sur les évolutions possibles de l’examen. Le ministre de l’Éducation a présenté, lundi 12 mars, les mesures qu’ils préconisent.

La suppression du rattrapage

Actuellement, chaque élève obtenant une moyenne comprise entre 8 et 10 au baccalauréat peut avoir une seconde chance en se présentant aux deux épreuves d’oral. D’après le rapport, ce système serait désormais remplacé par un contrôle du « livret scolaire » de l’élève.  Les épreuves d’oral sont en effet critiquées : se déroulant en tête à tête avec l’examinateur, elles favoriseraient un « climat de négociation implicite » pour décrocher la note nécessaire à l’obtention du baccalauréat. L’examen du livret scolaire de l’élève serait donc plus objectif.

Des seuils éliminatoires dans les matières principales

Aujourd’hui, un élève de filière littéraire peut très bien obtenir un 9 en philosophie et décrocher son bac. S’il obtient un 14 en physique, il est sauvé. Le rapport conteste ce manque de spécialisation, mais pas seulement. Souvent les élèves choisissent une filière non pas par envie, mais pour le prestige. Les auteurs conseillent d’introduire des « seuils éliminatoires dans les disciplines les plus importantes de chaque série du baccalauréat ». Ainsi, en section littéraire, un 9 en philo ne sera pas suffisant pour obtenir son diplôme.

Favoriser le contrôle continu

Selon le rapport, les épreuves écrites terminales coûtent cher à organiser ! Les remplacer par une seule évaluation continue permettrait, entre autres, de diminuer les coûts, notamment ceux liés à la conception des sujets et à la correction des copies. Le risque ? « L’absence d’homogénéité de la notation entre les établissements et des stratégies détournées ». En effet, certains établissements pourraient être tentés d’augmenter artificiellement le taux de réussite de leurs élèves au baccalauréat.

Limiter le nombre de langues évaluées

Le rapport préconise de limiter à 24 le nombre de langues évaluées lors de l’épreuve du baccalauréat, « les 12 langues nationales européennes, les 4 langues internationales et les 8 langues régionales, pouvant être choisies en LV1, LV2, LV3 et en épreuve facultative ».

Réduire le coefficient des matières facultatives à 1

Actuellement, lorsqu’un élève choisit une option facultative, seuls les points au-dessus de la moyenne comptent dans le calcul de sa note au bac. Par exemple, une élève ayant obtenu 17 en danse (matière facultative) aura 7 points de plus dans le calcul de sa moyenne. Un système permettant d’obtenir des mentions au bac plus aisément et qui, de ce fait, « contribuerait à dévaluer l’épreuve »… Le rapport conseille de ramener le coefficient des matières facultatives à 1.

Laura Gerhard