Rendez-vous médicaux : les Français perdent patience

Selon une étude publiée par l'Ifop, une majorité de Français estime que le système de soins s'est détérioré, aussi bien à l'hôpital qu'au niveau des médecins de ville. Parmi les critiques : le temps d'attente pour obtenir un rendez-vous.

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Plus de la moitié des personnes interrogées déclarent avoir déjà renoncé à des soins à cause de l'attente exagérée pour obtenir un rendez-vous. - crédit photo : Syda Productions ©ShutterStock

Un, trois, six mois… Il faut parfois s’armer de patience pour obtenir un rendez-vous avec un professionnel de la santé. C’est du moins ce que regrettent certaines personnes interrogées (40 %) dans le cadre d’un sondage Ifop publié ce mardi 18 novembre par Les Échos (AFP). Selon 62 % des sondés, la situation s’est dégradée à l’hôpital. 52 % partagent le même sentiment concernant la médecine de ville. Cette étude* a été menée pour Jalma, un cabinet de conseil spécialisé en santé.

Ophtalmologie : quatre mois pour obtenir un rendez-vous

Il est vrai que le délai d’attente entre l’appel et le moment du rendez-vous excède parfois un mois, en particulier du côté de l’ophtalmologie. Dans ce secteur, les patients doivent en moyenne attendre jusqu’à quatre mois, voire un an dans certaines villes, pour décrocher une consultation. Du côté des gynécologues, il faut patienter 57 jours en moyenne, 50 jours pour un dermatologue, 42 pour un radiologue. À l’hôpital, la situation est quasi similaire. Le délai atteint 81 jours, en moyenne, pour un ophtalmologue, 56 pour un dermatologue, environ un mois et demi pour un gynécologue ou un cardiologue.

Plus de la moitié des personnes interrogées déclarent avoir déjà renoncé à des soins à cause de cette attente exagérée : 55 % pour un généraliste, 64 % pour un spécialiste.

Rendez-vous médicaux : les urgences deviennent une alternative

Par ailleurs, 46 % des personnes interrogées citent le prix de la consultation chez le généraliste comme cause de renonciation et seulement 20 % l’éloignement du domicile (pour un généraliste). Parmi les personnes qui renoncent en raison d’un délai trop important ou de tarifs trop élevés, environ un tiers s’est tourné vers les urgences d’un hôpital.

Quant aux cliniques privées, la baisse de la qualité du service serait plutôt lié aux sommes non prises en charge par l’assurance santé et la mutuelle, visiblement de plus en plus importantes. Un argument mis en avant par 42 % des personnes interrogées.

* L’étude a été réalisée sur internet du 28 octobre au 3 novembre 2014, auprès d’un échantillon de 1 021 personnes représentatif de la population française.

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Damien Rigat