Le crédit revolving, nouvelle cible du gouvernement
Le gouvernement promet de s'attaquer dès la rentrée au problème de l'endettement des ménages. Une première mesure pourrait concerner le crédit revolving. Le supprimer ou l'encadrer plus strictement, telle est la question...
Une réserve d'argent disponible à tout moment, mais à un taux d'intérêt très élevé, voici ce à quoi ressemble le crédit revolving, proposé par plusieurs établissements financiers et grandes surfaces. Cette forme de prêt, appelé aussi « crédit renouvelable », qui mène de nombreux foyers français à s'endetter encore et toujours plus, est aujourd'hui dans le viseur du gouvernement. L'une des promesses du candidat Hollande était, en effet, de fermer « cette trappe à l'endettement ». Dans le JDD, Benoît Hamon, le ministre délégué à la consommation, évoque deux options : supprimer le crédit revolving ou l'encadrer plus strictement.
Crédit renouvelable : la loi Lagarde insuffisante ?
L'ancien gouvernement avait apporté une première pierre à l'édifice, en votant la loi Lagarde 2010. Le texte oblige les vendeurs de grandes enseignes, depuis le 1er mai 2011, à laisser le choix à leurs clients entre deux options lors d'un achat supérieur à 1 000 euros : prendre un crédit « classique » qui permet de régler un seul achat ou un crédit revolving qui met à disposition une réserve d'argent.
Or, une récente enquête de l'UFC-Que Choisir démontre que 80 % des magasins ne jouent pas le jeu, en ne proposant à leur clientèle uniquement la seconde solution. L'association de défense des consommateurs, bien que fâchée par les abus de certaines enseignes, ne demande pas la fin du crédit renouvelable, mais un renforcement de la loi.
Crédit renouvelable : à quoi pourrait ressembler la nouvelle loi ?
Plusieurs pistes ont été évoquées, notamment par l'UFC-Que Choisir, pour empêcher les ménages de tomber dans la spirale infernale de l'endettement. L'une d'elles serait de ne pas associer le crédit revolving à une carte de fidélité. En effet, les clients qui se retrouvent en possession d'une telle carte sont rapidement tentés par des achats, sans prendre conscience du montant élevé des intérêts qui vont également devoir rembourser.
Un rapport du Sénat, publié au mois de juin, avançait, lui, dix propositions pour mieux encadrer les crédits à la consommation. Ces signataires, l'ex-sénatrice PS Anne-Marie Escoffier, devenue ministre de la Décentralisation, et la centriste Muguette Dini, plaident entre autres pour la fin des primes accordées aux vendeurs lors de la souscription de crédits. Leur travail reprendra à la rentrée.

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