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Extension de garantie, garantie échange à neuf... ça vaut le coup ?

Le 19/09/2012 à 18:57:54
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À chaque achat d’ordinateur ou de machine à laver, le vendeur nous encourage à prendre une garantie qui coûte 10 à 30 % du prix de l’appareil. Faut-il succomber à la tentation ?

NOTRE EXPERT - Olivier Gayraud, chargé de mission à la CLCV, association nationale de consommateurs et d’usagers

Les vendeurs d’électroménager, informatique et autres écrans plats ont toujours autant d’imagination pour nous proposer des garanties supplémentaires : extension de garantie, échange à neuf ou encore 100 % remboursé, pour des montants exorbitants ! Ainsi, quand vous commandez une tour d’ordinateur sur Lafnac.com à 900 euros, la garantie échange à neuf coûte 269 euros, soit 30 % du prix de la tour. La Fnac vous promet qu’en cas de panne dans les trois ans, votre tour sera remplacée par la même ou – si elle n’est plus en vente – par une autre qui a les mêmes fonctionnalités.

Sinon, vous pouvez opter pour la garantie de deux ans « 100 % remboursé » à « seulement » 200 euros. Grâce à elle, quand votre tour d’ordinateur tombe en panne, la Fnac vous donne un bon d’achat correspondant au prix que vous aviez payé…

Extension de garantie, trois ans de plus

Darty, lui, est le champion des extensions de garantie. Pour prolonger la garantie de deux ans qui couvre automatiquement tous les produits, le vendeur vous encourage à prendre une extension de trois ans. Pendant cinq ans en tout, Darty interviendra chez vous sept jours sur sept en cas de panne, remplacera votre machine par une autre aux fonctions équivalentes si elle est irréparable, etc. Seul hic, pour un four à 900 euros, il faut payer 100 euros, soit… 11 % du prix initial.

Une garantie, c’est cher, mais visiblement avantageux. Erreur !

Car ces garanties supplémentaires font souvent doublon avec d’autres qui, elles, sont gratuites. Tout produit, de l’épilateur électrique au frigo en passant par le canapé, a une garantie légale de conformité et une autre de vice caché valable deux ans. La première joue quand le bien acheté n’est pas conforme à son descriptif. Par exemple, votre nouveau canapé rouge a été livré en bleu, les tiroirs de votre meuble de cuisine flambant neuf s’ouvrent mal, votre lave-vaisselle révèle des dysfonctionnements répétitifs qui ne l’empêchent pas de tourner. L’autre, pour vice caché, protège de tout défaut qui existait avant l’achat et que le consommateur ne pouvait déceler, comme le défaut de conception d’un moteur qui provoque la panne de l’appareil.

Prouver le défaut

Pour faire jouer la garantie légale de conformité, il suffit de se rendre au service après-vente de son fournisseur. Les six premiers mois, vous n’avez rien à prouver, mais après il faudra montrer que le défaut existait dès la livraison. Le vendeur devra réparer ou remplacer le produit dans un délai de 30 jours, ou vous rembourser.

Pour la garantie de vice caché, vous devez également prouver que le vice existait dès l’acquisition de l’objet. Par exemple, en fournissant des factures de réparation. Soit le produit est réparable, soit le vendeur vous rembourse.

La garantie commerciale

Il existe, en plus, la garantie commerciale. Pour vérifier qu’un bien en bénéficie, notamment quand vous achetez sur Internet, consultez son descriptif. Lisez bien les conditions générales de vente (CGV) car chaque constructeur peut y mettre ce qu’il veut. Elle peut durer par exemple six mois ou deux ans, ou encore couvrir les pièces et la main-d’oeuvre, mais pas les frais de déplacement du technicien.

Avec ces trois garanties, vous êtes déjà très couvert, d’autant plus que la plupart des pannes surviennent dans les deux premières années ou après cinq ans… et les extensions ne vont pas au-delà des cinq ans ! Si vous souhaitez néanmoins prendre une garantie supplémentaire, calculez son coût. Quand elle représente plus de 15 % du prix du produit que vous achetez, elle commence à être chère.

Lisez bien le contrat car, entre le discours du vendeur qui vous la vante et la réalité, il y a parfois un fossé. C’est ainsi que pour la garantie échange à neuf de la Fnac, on promet au client qu’il pourra remplacer son appareil par le même ou par un appareil équivalent si le sien tombe en panne. En réalité, le client reçoit un bon d’achat correspondant au prix du produit qu’il avait acheté. Si le montant de sa télé a augmenté entre-temps, il doit payer la différence !

Une garantie en fonction des produits

Autre astuce, demandez au vendeur quelle est la panne la plus fréquente. Si l’assurance ne la couvre pas, il vaut mieux l’oublier. De même, souscrivez pour certains produits, mais pas d’autres. Est-ce utile pour du petit électroménager qui coûte moins de 50 euros ? Pour un ordinateur qui sera dépassé au bout de trois ou quatre ans ? Pour une machine à laver le linge que vous utilisez trois fois par jour, alors que la garantie ne prend pas en compte les pièces d’usure ?

Enfin, vérifiez que vous n’avez pas d’extension de garantie sur la carte bancaire ou de crédit avec laquelle vous avez payé. Les cartes Pass MasterCard de Carrefour, Provisio de BNP, ou Affinity MasterCard de la Bred, notamment, en intègrent une.

Par Agnès Cerbelaud

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  1. avatar
    Publiée le 21/09/2012 à 20:45:28- par Jean-Claude Brucher

    Bonjour,

    J’ai trouvé votre article très intéressant et je vous rejoins totalement sur vos préconisations et votre analyse. Je me permets d’apporter une petite précision concernant la durée de la garantie légale des vices cachés (article 1641 et suivants du Code civil). En ce qui concerne la durée de la garantie des vices cachés, le Code civil est muet. La durée de deux ans dont vous faites état concerne le délai à partir duquel le client doit engager une action en vice caché après la découverte de celui-ci. En effet, pour être recevable, une action en vice caché doit être intentée dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice. Cette disposition date de 2009, dans une version antérieure la formule utilisée était « dans un bref délai ».

    En ce qui concerne la durée pendant laquelle il est possible d’intenter une action (depuis la date d’achat), on peut se référer à la réforme du régime de la prescription en matière civile de 2008.
    « Les actions personnelles ou mobilières se prescrivent par cinq ans à compter du jour où le titulaire d'un droit a connu ou aurait dû connaître les faits lui permettant de l'exercer. »
    On peut donc considérer que la durée pendant laquelle il est possible d’engager une action en vice caché est de 5 ans après la vente. Il n’existe pas à ma connaissance de jurisprudence contraire, du moins à ce jour !

    En ce qui concerne la garantie de conformité telle qu’elle est définie par le Code de la consommation la situation est plus claire, sa durée est de 2 ans, mais il faut rappeler que si pendant les 6 premiers mois le fait que le produit soit en panne suffit à démontrer sa non-conformité il n’en est pas de même pendant les 18 mois suivants pendant lesquels la charge de la preuve est inversée.

    Jean-Claude Brucher
    Auteur d’ouvrages sur les services associés aux biens durables, notamment d'un ouvrage sur la garantie à paraître prochainement)