Retards de trains : la SNCF accusée d’avoir causé le licenciement d’une usagère

Une jeune femme accuse la SNCF de lui avoir fait perdre son emploi suite aux retards récurrents des trains sur sa ligne. Son avocat espère lui obtenir 45 000 euros de préjudice moral et financier.

0
3013
La SNCF accusée d’avoir causé le licenciement d'une usagère ©SIpa

C’est ce mardi que la SNCF est assignée à comparaitre devant le TGI de Paris pour un litige l’opposant à une jeune femme de 25 qui l’accuse de lui avoir fait perdre son emploi à cause des multiples retards d’un train qu’elle prenait quotidiennement. En juin 2010, Soazig Parassols est embauchée en CDI comme assistante juridique dans un cabinet d’avocats de Lyon. Habitant à Ambérieu dans l’Ain, elle utilise chaque jour la SNCF pour se rendre sur son lieu de travail. Les perturbations récurrentes du trafic sur sa ligne l’a font cependant arriver régulièrement en retard de dix minutes. En période d’essai et sachant qu’elle n’a pas vraiment le droit à l’erreur, elle décide de partir une heure plus tôt que son horaire habituel mais débarque tout de même à son travail avec un quart de retard. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et son employeur lui indique qu’il met fin à son contrat.

Victime d’un « dysfonctionnement des services publics »

Interrogé par l’AFP, son avocat, Me David Metaxas, estime que « c’est regrettable que quelqu’un qui vient de trouver un emploi fasse les frais de dysfonctionnements des services publics ». Avec en sa possession six billets de retard allant de 5 minutes à une heure et quart sur la période juin-juillet 2010, il réclame pour sa cliente 15 000 euros de préjudice moral et 30 000 euros de préjudice financier au motif que la SNCF n’a pas respecté ses obligations contractuelles.

La SNCF déclare avoir une trentaine de cas similaires par an pour « un volume de plus d’un milliard de voyageur ». La requérante peut entretenir des motifs d’espoir malgré tout. En septembre 2010, la Cour d’appel de Paris avait condamné la SNCF à indemniser un avocat de Melun qui n’avait pu se rendre à Nîmes pour plaider, mais l’affaire concernait alors un problème d’aiguillage.

Adrien Guiset