Sanofi prépare un vaccin contre la dengue

Sanofi Pasteur a commencé le processus de mise en production d’un vaccin contre la dengue. Le groupe ne dispose pas encore de l’autorisation de mise sur le marché mais espère une commercialisation vers la fin 2015.

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La dengue est une infection qui se contracte par une piqûre de moustique et qui peut provoquer de fortes fièvres, des vomissements ainsi que de violentes courbatures musculaires et articulaires. ©ThinkStock

Sanofi Pasteur ne lâche rien. La filiale vaccin du groupe Sanofi vient de lancer la mise en production de son vaccin contre la dengue, une avancée risquée puisqu’elle n’a pas encore obtenu l’autorisation de mise sur le marché (AMM).

Vaccin contre la dengue : Sanofi mise sur une commercialisation fin 2015

Il y a un an, Sanofi Pasteur annonçait son intention de développer un vaccin contre la dengue, une infection qui se contracte par une piqûre de moustique et qui peut notamment provoquer de fortes fièvres, des vomissements, des éruptions cutanées ainsi que de violentes courbatures musculaires et articulaires.

Le groupe aurait entamé le processus de mise en production du produit à Neuville-sur-Saône (Rhône). Il vise une commercialisation vers la fin 2015, date à partir de laquelle il devra être en mesure de fournir 100 millions de doses par an.

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Pour mener à bien ce projet, Sanofi aurait déboursé 300 millions d’euros dans quatre nouveaux bâtiments et le site de Neuville-sur-Saône a subi une reconversion, laissant de côté son activité de chimie (pas assez rentable) pour la production de vaccins (Les Échos).

Vaccin contre la dengue : aucune garantie de mise sur le marché

En lançant dès maintenant le processus de production du vaccin, Sanofi se met en danger :

1. Il ne dispose pas encore de l’autorisation de mise sur le marché du produit ;

2. Les premiers tests sur l’homme n’ont pas été très encourageants.

Selon une étude menée en Thaïlande et publiée en septembre dans le journal The Lancet, le taux de protection global n’atteindrait que 30,2 %, alors que l’objectif visé était de 60 %. Ce faible taux est dû à une faille : le vaccin ne protège que contre trois des quatre souches de la dengue. D’autres tests sont actuellement en train d’être réalisés en Amérique latine et en Asie (résultats courant 2014). Si ces derniers s’avèrent aussi décevants que le premier, Sanofi risque de ne pas obtenir l’AMM.

Malgré les obstacles, Guillaume Leroy, vice-président de Sanofi Pasteur, se dit « très confiant » à propos des « profils de tolérance et de sûreté » et est persuadé de la réussite du projet.

À date, aucun traitement n’existe contre la dengue. Selon les estimations de l’Organisation mondiale de la santé, « il pourrait y avoir chaque année de 50 à 100 millions de cas dans le monde », principalement en Amérique latine et en Asie.

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Cécile David