Scolarité: comment éviter les mauvaises orientations?

Redoublement, voies de garage… Cruelle scolarité! L'orientation de nos enfants est une véritable préoccupation. Nos conseils pour faire entendre votre voix de parent.

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scolarité ©ThinkStock

Pas simple d’aider son enfant à s’orienter vers la bonne voie et convaincre les profs de ne pas le «condamner» à suivre une filière subie, sur la base de résultats qui ne refl ètent pas toujours ses capacités. Si votre enfant présente
des diffi cultés, il faut agir vite ! D’abord, en rencontrant les professeurs, le chef d’établissement pour tenter de comprendre ce qui ne va pas et demander la mise en place d’un PPRE (programme personnalisé de réussite éducative) qui permettra à votre enfant de bénéficier d’un tuteur au sein de l’établissement et d’un suivi particulier.
Aucun enfant ne fait exprès d’être dernier de sa classe. Souvent, la situation se dégrade en raison d’un trouble d’apprentissage, même léger, qui n’a pas été dépisté… Combien d’enfants dyslexiques, avec un déficit attentionnel ou de mémoire, ou encore une précocité sont sortis du système scolaire car ils fonctionnent différemment?
Demandez un bilan du psychologue scolaire et la mise en place d’un PAI, projet d’accueil individualisé, qui permettra d’adapter le travail et le suivi de l’enfant selon ses difficultés. Si le dialogue coince avec l’équipe éducative, contactez l’enseignant référent, qui siège dans chaque académie. Il saura vous aiguiller. Et n’oubliez pas qu’un prof sera toujours plus attentif à un enfant dont il connaît les parents…

Ne pas redoubler en primaire

Il existe un lien étroit entre la précocité du redoublement et la sortie du système scolaire sans diplôme ou sans qualification. Donc si vous vous voyez proposer un redoublement pour votre enfant et que vous n’êtes pas d’accord avec cette décision, n’hésitez pas à la contester dans les 15 jours en rédigeant
une lettre argumentée au directeur de l’école. Laquelle sera examinée, avec le dossier de l’enfant, par l’inspecteur de l’ Education nationale lors d’une commission d’appel qui se réunit à la fin du mois de juin. «Chaque cas doit
être étudié avec soin. Faire redoubler un élève lent lui permettra de mûrir. Mais ce sera inutile pour un enfant dyslexique, par exemple d’autres stratégies existent pour l’aider à progresser, comme une rééducation orthophonique», explique Jean-Luc Piezel, directeur d’école.

Bien préparer l’après 3ème

Si les propositions du conseil de classe ne sont pas conformes aux voeux de
votre enfant (on veut l’orienter vers une seconde technologique ou un CAP), demandez un entretien avec le chef d’établissement. Faites alors valoir des résultats prometteurs dans telle ou telle matière qui lui permettront de se remobiliser en seconde générale. Vous pouvez aussi demander la mise en place d’un soutien individualisé, en principe obligatoire dans les collèges. Evoquez l’accompagnement personnalisé de la seconde, à coup sûr, un coup de pouce pour booster sa scolarité et gagner en autonomie.
Enfin, si votre enfant est jeune ou immature ou s’il a eu des problèmes de santé
durant l’année, n’hésitez pas à demander un redoublement, une solution pour le remettre à niveau. Considérez enfin attentivement les orientations en bac pro: certains enfants ont besoin de concret pour avancer…

Prendre la bonne filière au lycée

La section S ouvre toutes les portes: une croyance bien ancrée et assez vraie… Et les barrières pour y être admis sont de plus en plus difficiles à franchir. Si vous savez que votre ado a des capacités en maths/physique et la fibre scientifique malgré des résultats pas toujours à la hauteur, défendez-le. Demandez un entretien d’orientation au professeur principal et contactez
la conseillère d’orientation du lycée. Il s’agit alors de démontrer son envie de réussir et sa volonté. D’ailleurs, il suivra les 2h d’accompagnement personnalisé, le stage passerelle en maths et la remise à niveau de 15 jours pour ne pas redoubler la 1re… Mais si votre ado n’est pas matheux, reconsidérez les autres sections: pour être réussie, l’orientation doit être choisie. Et les prépa s’ouvrent aux bacs techno et les BTS à certains bacs pro.

Safia Amor