Scolarité : le retour des mauvaises notes

Une nouvelle étude vient relancer le débat sur la notation du système scolaire français. Trois parents sur quatre se disent favorables à une diminution de l’importance des notes. La fin des mauvaises notes est-elle possible ?

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Au-delà des notes, l’apprentissage est singulier à chaque enfant, et c’est un paramètre que les professeurs se doivent également d’appréhender. ©ShutterStock

Le débat avait été lancé par l’ancien ministre de l’Education Nationale, Benoit Hamon. Aujourd’hui, si le sujet d’une révision du système de notation actuel est encore en chantier, et ne sera pas présenté avant la mi-décembre, la question continue de faire débat.

La mauvaise note décourage et motive

Selon un nouveau sondage réalisé par OpinionWay pour l’Association des parents de l’enseignement libre (Apel), 73 % des parents se disent favorables à une diminution de l’importance des notes. La question n’étant pas ici de savoir s’ils sont pour ou contre car « Les Français et les notes, c’est un peu ‘je t’aime, moi non plus’ » lance Caroline Saliou, présidente de l’Apel. Mais bien d’évaluer l’impact des notes, tant sur l’enfant que sur le parent : 56 % d’entre eux avouent être démunis et ne pas savoir quels points retravailler face à de « mauvaises notes ».

Une réforme du système de notation actuel pourrait donc éviter le sentiment de découragement de l’élève face à une mauvaise note, qui peut renforcer la spirale de l’échec scolaire : « la mauvaise note donne à l’élève le sentiment qu’il est mauvais, voire le décourage ».

Différence d’apprentissage

Mais ce système de notation français – et la peur du mauvais résultat –, mis en place au 19e siècle, s’il décourage certains en motive d’autres. Le sondage réalisé par OpinionWay indiquerait donc que les parents seraient « demandeurs d’un autre système », à l’instar du gouvernement. Najat Vallaud-Belkacem, qui a repris le ministère de l’Education Nationale, a rappelé en octobre dernier qu’elle souhaite que « la nouvelle évaluation encourage les élèves à apprendre et à progresser », sans pour autant « caricaturer » le débat et d’en faire un « procès d’intention au laxisme ».

Dans d’autres pays, comme la Finlande, l’évaluation par notes a été supprimée pour certains niveaux. Au demeurant, une difficulté subsiste : au-delà des notes, l’apprentissage est singulier à chaque enfant, et c’est un paramètre que les professeurs se doivent également d’appréhender.

*Pour ce sondage, 596 parents d’enfants scolarisés ont été interrogés. Ils sont issus d’un échantillon de 2025 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Le sondage a été réalisé fin octobre.

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Laurie Ferrère