Sécurité routière : les radars embarqués bientôt privatisés

L’Etat pourrait appliquer le système de la privatisation des radars, dès janvier 2017, en confiant le soin de flasher les automobilistes à des sociétés privées. Une décision polémique.

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Sécurité routière : vers la privatisation des radars ? ©ShutterStock

Fini les radars mobiles à bord de voitures conduites par des policiers ou des gendarmes ! L’Etat envisage, à partir de janvier 2017, de confier les radars embarqués dans des voitures banalisées à des sociétés privées. Le projet, s’il est validé par le gouvernement, permettrait de libérer les forces de l’ordre qui pourront s’atteler à d’autres missions de sécurité publique comme les contrôles d’alcoolémie ou de comportements dangereux. Mais aussi de rentabiliser le parc de voitures banalisées équipées de radars qui serait actuellement sous-utilisé. Ces véhicules ne circuleraient que « une heure et 13 minutes par jour », alors qu’ils coûtent « 70 000 euros à l’achat et 18 000 euros d’entretien annuels », souligne Emmanuel Barbe, le délégué interministériel à la sécurité routière, au quotidien Le Parisien. En 2018, 440 véhicules banalisés devraient être en circulation, contre 319 en 2015. Le temps passé à effectuer des contrôles par véhicule serait aussi multiplié par trois ou quatre. Mais rien n’est encore joué, une première expérimentation devrait avoir lieu en septembre prochain. La région reste encore inconnue. 

Une décision qui ne fait pas l’unanimité

Le recours à des sociétés privées ne plait pas à tout le monde, à commencer par l’association 40 millions d’automobilistes qui craint une explosion du nombre de PV. Pour Pierre Chasseray, le délégué général de l’association, cette décision est inacceptable : « Les radars ne peuvent pas être gérés par des sociétés privées dont l’objectif est la réalisation de bénéfices et qui flasheront à tout-va. Personne ne sera épargné par ce système impitoyable, car ces voitures fonctionneront à longueur de journée avec pour seul objectif le profit sur le dos des conducteurs. », dénonce-t-il lors d’un entretien accordé au Parisien.

Le journal dévoile également les résultats d’une enquête Harris Interactive commandée par l’association d’automobilistes. 83 % des Français s’inquiètent de cette perspective, 76 % estiment que cette mesure aura « pour objectif d’augmenter le montant des contraventions collectées par l’Etat » et 86 % craignent que les sociétés concernées ne réalisent des contrôles aux endroits où elles ont le plus de chance de flasher les conducteurs. Une pétition, que vous pouvez signer ICI, a d’ailleurs été lancée par 40 millions d’automobilistes afin de dénoncer ces voitures-radars.

Emmanuel Barbe se défend : « La rétribution de ces prestataires agréés ne dépendra pas du nombre d’amendes. C’est la voiture et elle seule qui procédera comme aujourd’hui au contrôle automatique de la vitesse, et l’analyse du flash continuera à être effectuée par un officier de police judiciaire basé à Rennes au centre de traitement automatisé des infractions. ».

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Roumaissa BENAHMED